8ième semaine en mots (suite)
Créé par boisvenu le 21 juil 2009 | Dans :
MERCREDI, le 27 février
Quelle journée ! 200 kilomètres en montagne, dans la forêt humide et dans la plaine. Évidemment que la journée commence par le petit déjeuner avec une bonne quantité de fruits frais, des beignets des quakers et un bon café costaricain, obligatoirement. Bizarre, ici on ne voit rien que des marques costaricaines. Ça serait les insulter, je crois, que boire ici autre chose que le café récolté ici. Mais ce matin, on a augmenté les portions. On ne savait pas ce que nous aurions comme facilités en cours de route pour nous rassasier. San Vito est une ville fondée par des Italiens il y a une centaine d’années. Quelques infrastructures nous rappellent ce passé, sans plus. Nous prenons le café et un petit goûter dans un resto de la rue principale. Le café est divin et les pâtisseries sont excellentes. Nous découvrons la ville à pied et je suis surpris du nombre de vendeurs de billets de loterie. La majorité de ces vendeurs sont des personnes âgées qui sans doute en ont fait leur principal gagne-pain. C’est la ville du café. Au Costa Rica, il y a environ 6 régions ou zones de production de café. San Vito en est une importante. Nous nous arrêtons dans un petit commerce pour faire l’achat de cartes postales. À notre étonnement, le propriétaire a fait ses études au Nouveau-Brunswick, chez des Acadiens. Il s’exprime très bien en français. On en profite pour faire jasette avec ce dernier, très sympathique d’ailleurs (voir photo), afin de faciliter notre séjour dans le secteur.
Puis nous prenons la route pour le Jardin Botanico Las Cruses. C’est un jardin magnifique, d’une très grande superficie, qui offre des sentiers superbement bien aménagés dans la jungle ou dans des jardins d’orchidées ou dans des jardins arbustifs pour y découvrir mille surprises. Il a été aménagé il y a plusieurs années par une très riche famille américaine. C’est leur ancienne propriété qui a été convertie en parc naturel et en jardin botanique.
Nous empruntons les sentiers où les oiseaux seraient les plus nombreux, mais la pluie nous surprend une demi-heure après notre arrivée. On est déçu. On vient de payer l’entrée (8 $) et voilà que notre visite est compromise. Nous sommes en montagne et dans la forêt humide, quand la pluie commence, on ne sait jamais quand elle s’arrêtera. Que fait-on ? On quitte ou on patiente ? On se met temporairement à l’abri sur la terrasse extérieure, mais couverte du centre administratif. On en profite pour visiter la boutique pour faire quelques achats dont un beau morpho bleu et on attend que la pluie cesse. On a eu raison d’attendre, car la pluie cesse aussi abruptement qu’elle a commencé. C’est frais, je dirais autour de 22oC, mais nous sommes très haut en montagne. Nous revoilà dans les entiers avec jumelles et appareil photo. Amenez-vous les oiseaux …
Jamais ne regretterons d’avoir patienté, car c’est un nuage de parulines de toute sorte qui attire, non, plutôt qui fixe toute l’attention de Bernard et Diane. Mon appareil photo est peu utile. Photographier une paruline c’est comme tenter d’attraper une mouche. Ça bouge tout le temps et c’est minuscule.
Puis, un son innommable et surprenant nous parvient du coeur du jardin. Il faut comprendre que le jardin est très accidenté avec des parties relativement plates, mais aussi des portions très forestières et escarpées. Les pistes tortueuses escaladent ces pentes abruptes. On tente de deviner d’où nous vient ce son erratique, presque un bruit de klaxon. Tout à coup je vois tout en haut d’un arbre, à travers une petite éclaircir, un oiseau blanc. J’attire l’attention de Diane et son acolyte Bernard. Ils pointent leurs jumelles et simultanément, ils sont émerveillés. C’est le Three-wattled Bellbird (voir photo). Je crois que ma découverte est l’apothéose de la journée juste à voir leur réaction. C’est l’oiseau fétiche de ce jardin et un des oiseaux les plus recherchés par les ornithologues et difficiles à observer. Il ne se voit qu’en montagne. Il est très loin de nous et je tente par la suite quelques photos. Bon, ça donne ce que ça donne, à vous de juger.
Quelques belles observations qui suivent, rendent notre balade et notre séjour des plus agréable. Chemin faisant sur notre retour j’arrive (encore moi) à la croisée de deux sentiers et je dis à Bernard, tout bas, « regarde… juste en avant ». Diane a déjà les jumelles pointées sur la cible facile à observer et je l’entends dire assez fort et de manière TRÈS enthousiasme… « Le motmot, le motmot ». Je n’ai pas le temps de dégainer mon objectif que le sacré motmot a foutu le camp. Je suis déçu, car à entendre Diane s’exclamer avec autant de vigueur devant cet oiseau, j’en conclus qu’il doit beau en maudit. J’ai une deuxième chance, il se pose juste au-dessus de nous, mais à contre-jour et de dos. Merde. Je fais quelques photos, mais rien de beau à mon goût. Je leur demande de ne pas bouger et je grimpe la pente pour contourner l’oiseau. J’y suis. click… click… click.. (Voyez la photo sur le blogue, je la trouve très belle et Dieu que l’oiseau est beau). Diane avait raison de s’exclamer, c’est un très bel oiseau. On a de la difficulté à décider de l’heure de notre départ du jardin. Je compte bien trois heures de route pour le retour. Les oiseaux sont si nombreux et actifs que nous prolongeons notre balade dans les sentiers et nous avons encore bien raison. Je réalise enfin mon plus grand défi : photographier un morpho. Bon (voir photo) il n’est pas comme ceux qu’on épingle dans une boîte de verre, mais au moins il est vrai et il a été photographié en pleine nature. Les amis, il faut bien partir surtout que la pluie reprend. On est bénis des dieux. Les filles ont dû faire quelque chose de particulier pour que nous puissions avoir deux heures sans pluie entre 13h00 et 15h00. Merci les filles.
On décolle et il pleut et pas à peu près. Premier pépin : j’ai juste un essuie-glace qui fonctionne. Celui de mon côté, du pilote, ne fonctionne pas. L’autre réussit tout même à chasser assez d’eau du pare-brise pour pouvoir avancer. On roule lentement, mais quelle route. Un lacet, des cols, des pentes et de la pluie. Tout ça sur une route en réparation dont on a enlevé l’asphalte sur la moitié du trajet de 45 Km. J’adore ce genre de route, mais avec sur le gravier plein de trous sous la pluie, disons que c’est plutôt sportif par bout. On arrive enfin à Nelly. Je prends un sens unique à l’envers. On me flashe et je rebrousse chemin. On est à quelques kilomètres du Panama. Diane est très soulagée de se retrouver sur une route plate. Bernard aussi je crois. L’autre pépin est survenu en descente sans que j’en dise un mot. L’huile à frein a chauffé et je devais constamment les pomper pour que ça freine. Disons que la première fois que j’ai mis les freins et que la pédale a collé dans le plancher sans action de freinage le cœur m’a débattu quelques secondes. À trois mille pieds en montagne, sur une route en épingle, tu n’as pas le goût de dégringoler en bas. J’ai pompé durant toute la descente quoi . En bas, sur le plat, les freins sont redevenus normaux. Une autre aventure avec notre vieux tacot costaricain. Tout de même, la chaleur nous attend en bas dans la vallée. Nous arrivons au coucher du soleil. La température avoisine les 30oC. Les trois sont d’accord : nos découvertes ornithologiques d’aujourd’hui valent bien une bonne bière froide ou deux à notre arrivée à la villa. Bernard est invité à souper et à goûter à nouveau la sauce à spag de Diane. Comme d’habitude, nous faisons une séance de visionnement de photos sur notre ordinateur. Une très belle visite à recommander à tous les amateurs de jardins et d’oiseaux. La route est magnifique, les gens accueillants et le déplacement en vaut le coup. Un « must » à voir au Costa Rica. Le jardin est tout simplement magnifique et que dire de la forêt, des points de vue qu’il offre aux marcheurs et enfin son belvédère époustouflant avec une vue panoramique grandiose. Un des beaux endroits que nous avons visité dans cette partie du pays. Je savais que j’en avais à raconter, mais pas autant. Demain, ce sera plutôt mollo, car vendredi nous planifions une autre longue excursion. La dernière dans ce secteur avant notre départ du Diquis. Après, nous quittons dimanche avec Diego (voir semaine 1) pour San Jose où nous séjournerons trois jours dans son B&B. Nous visiterons les sites d’intérêts tout au tour, dont un volcan, un jardin de papillons et deux parcs nationaux. Quand je pense qu’à cette heure dans exactement une semaine nous allons atterrir à Montréal dans la neige. Ce n’est plus le temps de vous écœurer avec la belle température du Costa Rica. Buenas noche et pura vida.
JEUDI, le 28 février
Intéressant cette année bissextile, car nous avons droit à une journée gratuite dans le Sud et une journée d’hiver de moins dans le Nord. Il est 22h00 et je viens de regarder la température de Sherbrooke. On annonce -26oC cette nuit brrr… c’est pas chaud, juste 50oC de moins qu’ici. Au moins, on annonce un petit redoux pour mercredi, jour de notre retour. Mais, je crois bien que la neige sera encore sur place à nous attendre.
Bon, revenons au Costa Rica. Matinée fort agréable. Debout à 7h00, gros soleil et il fait chaud. Pas un nuage. La chienne Ouma est couchée sur notre terrasse, elle attend mes espadrilles. Décidément, elle en prend l’habitude. Hier matin, si vous auriez vu son air piteux au Rancho. J’y allais pour discuter avec Bernard d’une ballade sur son terrain en vue d’explorer la possibilité pour l’ornithologie. Il prenait son café calmement avec quelques amants d’oiseaux et Ouma dormait à ses côtés. Quand je m’approche de lui, elle ouvre un œil et m’aperçoit. Sa queue bouge comme une rame de pagayeur prêt à prendre la mer. Elle me lèche les chevilles en signe d’amitié comme le font les chiens satisfaits de retrouver un ami qu’ils affectionnent. Je parle à Bernard des oiseaux qu’on a vu Diane et moi. Je flatte la chienne et Bernard me dit que malheureusement elle ne pourra pas nous accompagner sur son terrain. Bien, merdre Ouma a deviné, je ne sais pas comment qu’il n’y aurait pas de marche pour elle ce matin, ni de baignade dans la rivière. Elle s’est mise à gémir comme un enfant. Je regarde Bernard un peu surpris. Je regarde la chienne vraiment surprise. C’est t’y possible. Bon, je dis à Bernard que je ne peux laisser Ouma souffrir ainsi et que je vais aller me balader avec elle quelques minutes. Je repasse par ma villa et Diane décide de me suivre. Nous faisons une belle balade de deux heures et Diane aura observé une nouvelle espèce pour Diquis : un perroquet à front blanc (voir photo) et un « lifer » : un Yellow fly catcher. Ouma est aux anges aussi. Elle a droit à sa promenade et sa baignade quotidienne, ce qui fait dire à Bernard : « Quand vous quitterez Diquis, Ouma aura un gros deuil à faire ». Nous aussi Bernard, cette chienne nous manquera. Le reste de la journée se passe sous la chaleur d’un avant midi dans la piscine à faire la sieste, couchés sur un matelas pneumatique. Le soleil plombe et la température avoisine le 35oC. On est bien. Comme d’habitude, Diane et moi partageons seuls la piscine. On échange sur le prochain spectacle, sur le livre qui va bientôt sortir, sur le Québec et sur le prochain hiver que nous passerons dans le Sud. Nous décidons que nous allongerons notre séjour à 10 semaines. Je me jette dans la lecture d’un roman que Diane a achevé et que je lui piquais de temps à autre. « Dossier Benton », un thriller policier qui vous tient en haleine tout au long de la lecture. Elle l’a terminé, je peux donc le lire en paix. Un peu d’Internet pour répondre à nos nombreux courriels et préparer notre retour. Bref, une après-midi relaxe… encore. En soirée, nous sommes invités à souper chez Carmen (voir photo), Une belle gang de québécois établis au Costa Rica y partage un 5 à 7 fort animé. On est près d’une dizaine à parler de chose et d’autre, mais surtout de leurs expériences de nouveaux résidents au Costa Rica. Tous s’y plaisent et adorent ce pays. Je les comprends, mais nous n’en sommes pas encore à l’étape de vouloir nous établir en permanence dans un pays étranger. Il y a tant de belles places à visiter avant de se sédentariser. Les invités partent et nous demeurons seuls pour le souper avec Carmen et Daniel son copain. Ils sont très agréables et des plus courtois. Carmen nous a préparé un poulet à la costaricaine avec un couscous au cari fort bien réussi. La soirée se passe sous le signe de l’ouverture, du dialogue et d’échanges forts sympathiques. Une très belle soirée que nous ramenons dans nos souvenirs de voyage. Il est temps d’aller au lit. Quelques pages de lectures pour atteindre le sommeil et demain une autre grosse journée d’aventure, la dernière de notre séjour à Ojochal. Bonne nuit et je vous envoie beaucoup de chaleur pour que cette neige fonde rapidement au Québec.
VENDREDI, le 29 février
Notre premier 29 février passé dans le Sud et quel 29 février. Je vais vous livrer toute notre journée. Debout à 6h30. Le soleil est absent, il y a un espère de brume ou brouillard qui descend de la montagne. Ça me décourage, surtout si nous devons faire de la montagne. Ça sera quoi à 3 000 mètres ? Mais, j’ai un bon espoir que le soleil, s’il est aussi radieux qu’hier, va faire fondre ce brouillard avant que nous ayons atteint les hauts sommets. Après un déjeuner aux fruits et au très bon café du coin, nous quittons Diquis Bernard, Guy, sa conjointe, Diane et moi dans notre 4X4 vieux modèle. Je songe aux freins que je pompe quelques fois sur la route vers Dominical. Ils résistent, c’est bon signe. À Dominical, nous prenons la direction de San Isidro et des montagnes. À San Isidro, on prend la direction de San Jose. « Diane, c’est à combien de kilomètres Toucanet Lodge » ? C’est là que nous devons nous rendre pour observer les Quetzals. « Kilomètre 70 », me dit-elle. Première borne sur la Transamerica, on lit « Borne 132 ». C’est pas vrai, on a examiné les indications à l’envers. C’est donc 62 kilomètres qu’il faut faire et non 20. Merde, c’est 2 heures d’auto. Quel est le plan B ? Retourner au Parque Nacional Los Quetzales à 20 kilomètres de moins. À la vitesse où nous pouvons rouler sur cette route à l’heure du trafic c’est plus sage. Diane et moi avons déjà visité ce site avec Carmen et Marie-Hélène, alors que nous avions aperçu les Quetzals, il y a trois semaines. Tous sont d’accord pour le plan B. On y retourne, l’objectif étant que Bernard puisse voir son Quetzal en ce 29 février 2008.
Vous vous souvenez de la route que je vous avais décrite dans un autre compte rendu, et bien c’est la même et effraie tous ceux pour qui les montagnes, courbes raides et précipices représentent un risque. Moi j’adore. Pas mon équipage, sauf Guy. Je vois que le stress de sa carrière a des effets sur sa réaction émotive. Il a été contrôleur aérien à Dorval plusieurs années avant de prendre sa retraite il y a quelques mois. Donc, de me voir descendre cette voiture dans cette vallée tortueuse, ne lui cause aucun stress. On se rend en bas au plaisir de ces dames et Bernard qui ne jouit pas plus qu’il faut de voir la fin de cette descente.
On refait le même trajet que nous avions fait il y a quelques semaines. Le temps est frais. Je dirais 22oC. On ne s’habitue pas ici à ces températures fraîches. Nous longeons le magnifique sentier qui borde la rivière jusqu’aux chutes. Ouf, comment dire, si mercredi c’était le summum à San Vito pour les oiseaux. Ce matin, ici c’est le nirvana. Il y en a partout. Déjà Bernard ne regrette en rien le plan B. Jumelles en haut, en bas. Photos ici et là. Explications à droite et à gauche à nos apprentis ornithologues. C’est un va-et-vient continu d’oiseaux de toutes sortes, mais particulièrement de parulines merveilleusement colorées.
On n’avance pas dans les sentiers tellement la présence de tous ces oiseaux nous retarde. Et moi, je suis pris de vertige à photographier dans tous les sens que vont les oiseaux afin de bien les saisir pour une identification postérieure. J’en perds le souffle ou du moins mes repères techniques afin de faire des clichés réussis. Il y en a trop. Puis c’est l’accalmie. On poursuit notre marche dans le sentier et ça recommence. Décidément, on ne reviendra pas à Ojochal ce soir à ce rythme. On aurait pu apporter nos chaises longues, nous coucher sur le dos et admirer les oiseaux toute la journée sans se fatiguer le cou à regarder en haut.
Notre promenade durera plus de deux heures avant que Guy, qui crie famine, n’accélère le pas pour le retour ver l’hôtel pour le dîner. Nous le suivons, mais j’avoue à regret. Je découvre une nouvelle théorie alimentaire spécifique aux oiseaulogues. Leur appétit est inversement proportionnel au nombre d’oiseaux qu’ils observent. Pour Guy et son épouse, qui ne sont pas encore officiellement des mordus, la faim prime sur le spectacle aviaire. Pour Diane et Bernard, de voir autant d’oiseaux, compense leur besoin alimentaire. Tout un dilemme que j’essaie de résoudre en adaptant un pas de marche de photographe. Ce pas de marche, dit attentif et lent, permet à Diane en autre d’observer deux ou trois nouveaux spécimens d’oiseaux.
Il est temps de dîner. Nous sommes attablés au même endroit avec le fameux spectacle d’oiseaux-mouches. Guy et sa conjointe sont émerveillés. Nous voyons deux nouvelles espèces de colibris. Puis, le repas s’avale rapidement et la facture est acquittée aussi vite. Nous retournons sur nos pas et nous nous pointons à l’endroit où nous avions observé les Quetzals à notre dernière visite. Il est 14h30. Il ne reste pas grand temps. Diane est vraiment une bonne observatrice. À peine ai-je eu le temps de bien garer le 4X4 le long du garage de la pisciculture, elle attire tout le groupe vers elle avec des grands signes qui me confirment qu’elle n’a pas vu seulement un moineau. Elle a vu le Quetzal. Pour Bernard, c’est le couronnement de son 29 février. Pour Guy et sa conjointe, une première et pour les touristes allemands qui entourent Diane, ils cherchent encore l’oiseau rare.
On sent la satisfaction dans tous les visages. Que demander de mieux ? Qu’espérer de mieux d’un tel voyage un peu improvisé, mais aussi fertile ? L’après-midi avance et le temps frais s’impose. On quitte vers 15h00 pour remonter péniblement la pente vers le sommet de 3 000 mètres. Le camion a de grandes difficultés, même en première, à escalader les pentes. Dans l’habitacle, les témoins de mes efforts quand je change de vitesse, font de même avec leur encouragement spontané et mimé. Aurons-nous à pousser le 4X4 ? Devrons-nous redescendre pour mieux accélérer ? Bref, tout le monde force autant que les quatre cylindres du camion chétif pour cette montée ou ce six cylindres à bout d’âge pour une telle escalade. Mais, on se rend au sommet et mon rétroviseur ne me montre que des sourires satisfaits. Lentement, on redescend vers San Isidro, puis vers Dominical. Chemin faisant, je remarque que les arrêts routiers, aussi bien que les accidents, amènent son lot de revendeurs de toute sorte qui font la navette entre les véhicules immobilisés pour la circonstance afin de vendre n’importe quoi. Frites, fruits, peanuts, liqueurs douces et même, j’ai photographié (voir photo) des vendeurs de billets de loto. Nous sommes sur le bord de cette route des consommateurs captifs ou captés, c’est tout. De retour à Ojochal, au Diquis, tous sont d’accord : ce fut une maudite belle journée. Merci. On célèbre donc le 29 d’un petit 5 à 7 à notre villa où Bernard et Jean-François nous rejoignent. La première phrase de Bernard : « C’est le plus beau 29 février de ma vie ». Puis on discoure sur ce site. On s’entend sur une définition : un paradis terrestre. Et c’est vrai. Visitez-le si vous venez au Costa Rica, c’est la Mecque des ornithologues. Foie de Bernard et Diane.
Bon… faut bien souper. Et bien nous retournons à El jardin afin d’y déguster la fameuse pizza. Quel délice ! Un régal. Ça termine bien une soirée et une journée rempli de belles images, de paysages grandioses, de routes enchanteresses (!) et d’oiseaux magnifiques. Merci dame nature pour ce spectacle unique et coloré. Et en cette avant-dernière nuit au Diquis, bonne nuit à vous tous au Québec. Brrr… quand je pense à vous, je pense malheureusement au froid. Mais nous devons nous y faire. On y sera dans 5 jours.Bonne nuit et pura vida.
SAMEDI, le 1er mars
Nous sommes découragés d’apprendre le temps qu’il a fait cette nuit à Sherbrooke : environ -- 27oC. On espère juste que le froid aura quitté le Québec à notre retour dans quelques jours. Aussi, ce matin le temps est merveilleusement beau et chaud. J’apprends une mauvaise nouvelle à mon réveil alors que je me préparais pour aller faire de la plongée. Le bateau de l’école de plongée, le plus petit, a eu un accident. Hier matin, la direction s’est coincée et le pilote n’a pu redresser la course du bateau alors qu’il circulait dans les mangroves. Le bateau transportait des plongeurs vers l’île Cano. Il a filé à vive allure droit dans les arbres des mangroves. Le bateau est une perte totale et il y a eu quelques blessés. Ce matin pour sortir en mer il aurait fallu prendre le gros bateau, mais à cause des coûts, il faut au moins une dizaine de plongeurs. Le nombre n’y était pas donc pas de plongée.
Ce sera donc un premier mars mollo, notre dernière journée au Diquis. Guy et Bernard vont vers une nouvelle plage, Balena. Ça fait mon affaire, passer la journée à la plage comme dernière journée c’est parfait pour garder un bon souvenir de ce magnifique coin de pays. On s’y rend pendant que Diane reste à la villa afin de commencer la mise en pages du prochain bulletin de l’AFPAD. Cette place est un très bel endroit. Elle fait dans les cinq kilomètres et nous ne sommes que quelques touristes sur la plage. Il y a un resto très bien tenu par un américain. Sa spécialité est le poisson. Je prends ce qui me semble un filet de « snapper» cuit dans l’huile aromatisée à l’ail.
En soirée, René et Pierre nous invitent à souper au Diquis. Au menu, crevette et filet mignon tout à fait digne des talents de Renée. Nous sommes accompagnés à la table d’un nouveau couple qui est arrivé durant la journée avec Diego. Luc et son épouse sont de la Suisse. Un couple reconstitué. Pierre m’en avait parlé Luc avait quatre enfants et sa conjointe deux. Il y a cinq ans, Luc perdait un fils d’un cancer et il y a un mois à peine il en perdait un deuxième dans un accident de la route. J’avais bien hâte de les rencontrer. On se ressemble un peu sauf que nous ne nous sommes pas investis dans la vie de la même façon après la mort de nos enfants. Ce serait long à vous raconter mais chose certaine, je suis persuadé que je devais le rencontrer cet homme et que nous allons nous revoir en Europe ou même ici au Costa Rica. Luc pense s’y établir d’ici quelques années. La soirée s’est terminée à notre villa avec Bernard et Jean-François. Nous avions quelques fonds de bouteilles de rhum à vider. Nous sommes donc restés à bavarder, jusqu’à que le rhum ait rendu l’âme. Bernard nous a livré un petit poème de son cru. Il faut que je vous explique un peu le contexte. J’ai acheté une paire de Ray Ban (fausse) et j’ai ensuite perdu ces lunettes. J’ai ensuite tenté d’en trouver une paire pareille, mais sans succès ce qui faisait bien rire Diane et Bernard.
Ray Ban en cavale
Aux aguets, l’oeil vif comme un jaguar
Ray Ban parcourt vallées et montagnes
À l’orée du Diquis, l’unique
Pour dénicher raretés volatiles
Papillons superbes et fleurs subtiles
Sous l’oeil de Uma, complice
À l’affût de sauterelles et lézards
C’est beau de voir ce tandem
capter un éventail d’images
qui sont autant de paysages
Gravés dans la mémoire
porteuse de scènes magiques
et de moments d’apothéose
Sacré Bernard… merci pour tous ces bons moments passés ensemble durant ces deux mois à Ojochal. Demain matin nous quittons tôt avec Diego pour San Jose. Ce soir nous sommes remplis de vague à l’âme. Que le temps a passé vite ! L’an prochain, la décision est prise. Ce sera trois mois. Où ? Sans doute en France à partir de laquelle nous ferions quelques voyages en Afrique comme l’Égypte, la Tunisie, le Maroc et le Portugal. Donc, ce sont des vacances qui se terminent merveilleusement bien au Diquis. Nous nous sommes sentis chez nous dès les premiers jours et encore une fois, cet endroit n’est pas loin du paradis sur terre. Je reviendrai sûrement sur d’autres commentaires dans mon dernier récit sur ce séjour au Costa Rica. Merci de me lire. Pura Vida et, à la semaine prochaine, alors que mon dernier récit vous parviendra du Canada