7ième semaine en mots
Créé par boisvenu le 21 juil 2009 | Dans :
DIMANCHE , le 17 février
Tiens… ce matin c’est moi qui me lève le premier. C’est vrai qu’hier, quand je me suis mis au lit, je me suis endormi comme si un anesthésiste m’avait injecté une forte dose de « je ne sais pas quoi on administre à ceux qui se font opérer ». Je ne crois pas avoir pris plus d’une minute pour m’endormir. Le temps d’avoir une pensée pour mes filles, comme j’en ai une tous les soirs avant de m’endormir. Donc, à 7h00, je me lève dans le plus grand silence et je prépare le café. Ma première tasse, je la prends dehors à observer les oiseaux qui sont encore fort actifs. Hum!…Quel café ! Je les essaie tous. J’en suis à ma cinquième marque. Celui-ci c’est le Britt. Je préfère encore le Rey, moins âcre et plus parfumé.
Aujourd’hui, nous avons planifié la visite d’un village de la communauté indigène de Boruca, situé entre Palmar et Paolo Real est à près de 80 kilomètres de Ojochal. Le village est juché à près de 1000 mètres dans les montagnes. Cette communauté s’était enfuie dans les montagnes suite aux grandes répressions faites dans le temps des Conquistadors y est installé depuis 400 ans. Tiens j’entends quelques portes s’ouvrir et se refermer. Diane se lève. C’est le temps de préparer les fruits. Après une balade, seul avec la chienne Ouma aux abords de la rivière, je reviens avec quelques belles photos et nous préparons nos effets pour notre excursion. Une couple nous accompagnent. Daniel et sa conjointe dont nous avons fait la connaissance il y a quelques jours ici au Diquis. Chose intéressante, Daniel fait de la plongée et nous en ferons ensemble demain matin à l’Isla del Cano. 9h30, nous sommes sur la route. Passage obligatoire par Palmar, puis direction Paolo Real. À mi-chemin, nous empruntons une petite route de terre qui monte pendant 6 kilomètres vers le village en question. Comme je le disais plus tôt, Boruca est un petit village perché dans les montagnes qui séparent la vallée Del General et Coto Brus. La route est en terre battue. J’imagine déjà comme ça peut être glissant à la saison des pluies ! Le paysage est magnifique. La route suit la crête des montagnes qui séparent les deux vallées. Ça me fait penser au Shenandoa Park aux USA, lequel s’étend sur 400 milles entre l’État de la Virginie de l’Ouest et le Tennessee. Ici, vous pouvez observer les vallées des deux côtés de la route, laquelle est plus exigüe. Une petite pluie était tombée au début de notre ascension, mais elle a cessé. Heureusement, car visiter un village sur de telles routes… c’est pas un cadeau. On arrive au village et même si le guide Lonely Planet nous informait que le Museo était fermé le dimanche, surprise… il est ouvert. Ouf, car Renée du Diquis, nous avait dit avant de partir d’Ojochal « Arrivés à Boruca, demandez où est la maison de Margarita Elle fait de belles choses. Et dites-lui que vous venez de ma part ». Au village, la pluie a complètement cessé et nous pouvons nous y balader sans avoir à traîner une tonne de boue sous nos sandales. Je sors mon meilleur espagnol même si je sais que je le baragouine très mal. « Hola senor, por favor, donde esse la habitacion de senora Margarita? » On m’indique la maison située au bout de la rue dont le toit est de couleur papaye. On arrête tout de même au musée et on jase avec les citoyens qui sont là. Que des sourires. C’est un petit musée très rudimentaire par contre, il y a de magnifiques masques de balsa et de cèdre en vente. Il y en a de formidables. Puis on se dirige vers la maison de Margarita en promettant aux bénévoles du musée de revenir bientôt. On prend quelques photos des lieux et nous voila chez l’artiste Margarita. Quel sourire elle a quand je lui demande si c’est bien « el habitacion de senora Margarita » ! Elle nous accueille, nous fait visiter sa maison et nous montre les masques qu’elle produit. Évidemment, elle nous répète que ses œuvres sont en vente au musée et c’est drôle de la voir nous prendre par la main et nous y amener. Bon on voulait acheter un masque. Évidemment, nous avons acheté une pièce qu’elle a produite. Elle nous explique que les artistes sont regroupés en coopérative. Ils sont 32 dans le village qui en font partie. Le partage communautaire des profits, la prise de décision, etc. Quelle belle solidarité ! On fait nos achats tout en continuant à leur placoter ça. Puis, il faut bien revenir. Ceux qui passeront dans le coin. Allez-y. Ça vaut le détour. Vraiment un beau peuple ces borucas.
De retour, une pluie diluvienne nous attend en bas de la montagne, sur la route pavée qui nous ramène à Palmar. Et, que fait une pluie diluvienne sur des montagnes abruptes qui longent la route ? Il fait décrocher des petits cailloux, qui à leur tour en font décrocher de plus gros, et ainsi de suite. La pluie est si soudaine et forte, que le ruissellement décroche des roches des pentes abruptes et les pierres dégringolent en ayant un effet de billard sur d’autres pierres plus grosses (voir photos). Diane est nerveuse et quand un gros camion lourd me cède à peine la largeur de mon véhicule entre le fossé et la route, je m’inquiète à mon tour. On en connaît la raison quelques mètres plus loin quand sur la route lorsque nous apercevons un Jeep Cherokee faire du slalom entre les grosses pierres qui jonchent sur la route. Je regarde à mon tour, la pente sur ma droite d’où arrivent ces cailloux inquiétants. Je regarde à gauche parce que c’est la rivière à quelques centaines de mètres plus bas. Je ralentis pour éviter une grosse pierre qui roule devant mon Jeep, puis je pèse sur le champignon et je fais à mon tour du slalom entre les mêmes pierres que le Cherokee quelques minutes avant moi avait fait. Sur quelques kilomètres de route, l’exercice de slalom se répétera au plus grand désespoir de Diane. On en sortira sans le moindre pépin, mais comme dira Diane « Je n’étais pas venue dans ce village indien pour recevoir des cailloux sur la tête… ». Une aventure de plus à mettre sur notre blogue quoi, avec photo à l’appui.
De retour à Ojochal, nous faisons l’épicerie et arrêtons dans un magnifique établissement privé où il est possible de faire des balades d’observation moyennant un tarif fort abordable. Nous réfléchissons à l’idée d’y revenir dans quelques jours. Un magnifique endroit à quelques kilomètres du Diquis. Ce soir Bernard s’est laissé convaincre de souper chez nous. Je fais un filet de porc farci au fromage et arrosé d’une sauce à la moutarde. Je vous en donne des nouvelles plus tard, car ici cuisiner du bœuf ou du porc est toujours à risque, quant au goût et à la tendreté. Quant à la fraîcheur pas de problème. 22h00, les amis viennent de partir. Le filet de porc était excellent sur le BBQ et j’ai fait des bananes flambées au rhum comme dessert. Comme JF passait par là. On lui en a offert une portion. Encore une réussite. Vraiment… ces bananes flambées au sirop d’érable et au rhum… toute une découverte. Demain, une autre grosse journée en perspective. Plongée en haute mer en vue. Bonne nuit et à demain
LUNDI, le 18 février
C’est en grignotant des graines de café enrobées de chocolat que j’écris le récit de la journée ce soir, vers 20h00. Il y a juste ici qu’on en mange des aussi bons. Ça me rappelle notre séjour au Costa Rica il y a deux ans. On avait découvert cette merveilleuse friandise et on en avait rapporté au Québec pour les amis. Un beau papillon jaune vient d’atterrir sur l’écran de mon PC. Faut pas qu’il aille s’installer sur le mur blanc derrière moi, le mur extérieur de notre villa, car les petits lézards qui y chassent le soir en raffolent. Hier soir un papillon de nuit s’y est posé et trois petits lézards se sont précipités dessus. Le plus rapide a eu droit à un bon repas. Donc, debout très tôt ce matin, c’est ma journée de plongée en mer. Le temps est nuageux. Ce n’est pas bon signe pour la plongée. D’ailleurs depuis deux jours, nous n’avons pas beaucoup de soleil. Une première en presque deux mois. Le temps est plus frais d’ailleurs. On a du 30oC au lieu d’avoir du 35/40oC. Pour les plongées aujourd’hui, un autre québécois, Daniel, m’accompagne. C’est le gars qui nous a accompagnés, avec son épouse, au village d’indien hier. Il est de Sorel, cousin avec Renée et a comme projet d’investir dans l’immobilier au Costa Rica. C’est un très bon plongeur, ayant déjà pratiqué ce sport pendant une vingtaine d’années au Québec. D’ailleurs, j’ai appris que Renée a presque une dizaine de membres de sa famille dans les alentours qui ont investi dans divers commerces, que ce soit la restauration, la location d’autos ou autre. Les Lévesque se sentent en famille au Costa Rica et je les comprends.
Après le café sacré du matin (très bon encore), l’assiette de fruits frais et un bon pain chaud à la cannelle, je rejoins Daniel au Rancho où nous attend aussi l’instructeur de plongée. Nous nous dirigeons à l’Isla Del Cano. Quelle histoire pour se rendre en mer ! Il faut comprendre que nous partons d’un quai local situé à l’embouchure d’une rivière, laquelle est peu profonde et se jette dans la mer. Nous sommes à marée basse et les vagues déferlent sur le littoral à la sortie de la rivière avec une très grande vigueur. Il y a deux bateaux et 14 plongeurs. Le premier bateau passe les vagues, selon moi aisément. Je suis sur le deuxième bateau. Plus gros, plus plat, il prend moins bien les vagues qui arrivent de face, lesquelles sont de près de 3 mètres de haut. D’ailleurs, ce bateau a été construit au Québec. Le propriétaire de Crocodive faisait dans le temps des excursions de groupe sur les Grands Lacs. Un beau bateau solide, tout construit en aluminium. Il l’a amené ici pour son école de plongée. On attend, on attend. Le capitaine regarde les vagues. Nous regardons les vagues. Une première tentative pour passer, on se fait brasser. Deuxième tentative, pas plus de succès. On arrête, il regarde les vagues. Nous regardons encore plus attentivement les maudites vagues. Passerons-nous ou ne passerons-nous pas ? Tous les plongeurs regardent les vagues avec appréhension, le capitaine avec espoir et tous se posent cette même question. Après presque une demi-heure d’attente et d’essais infructueux, on entend les deux moteurs de 200 forces Yamaha rugir tout d’un coup et le capitaine lance son bateau. On retient notre souffle, on se fait un peu ballotter et enfin on passe. D’un geste spontané et collectif, tout le monde à bord lève le pouce vers le capitaine en signe d’admiration de son adresse à piloter ce bateau dans cette mer agitée. On est passé et voilà les moteurs lancés à fond en direction de l’Ile.
Une très belle balade vers l’île. On a même droit à un spectacle de dauphins qui surgissent hors de l’eau et se nourrissent dans un banc de poissons. Ils le font en sortant de l’eau à répétition. Et sous le regard ébahi de quelques ados qui nous accompagnent.
Comme nous avons pris de l’avance sur l’autre bateau compagnon, le capitaine nous donne la possibilité d’admirer les dauphins de très près ainsi que les oiseaux qui se nourrissent avidement de cette manne de la mer. Arrivés à l’île, notre première plongée se fait dans les 30 mètres. À un endroit où j’ai déjà plongé. Je trouve que Daniel ne met pas assez de plomb dans sa veste de flottaison. Moi, j’en mets 15 livres et lui, disons qu’il est un peu plus pesant que moi. Il devrait mettre au moins 25 livres. Bon, ce n’est pas moi l’instructeur. On plonge. Visibilité : moche. On descend, mais Daniel tarde à descendre. Je le vois au-dessus de moi, il ne cale pas, sinon, très peu. Il fait des efforts pour me rejoindre. Je vais vers lui et vide complètement l’air dans sa veste de flottaison. Il réussit à descendre un peu plus, mais il gaspille beaucoup d’air, car ça lui demande beaucoup d’effort pour se maintenir sous l’eau. On continue notre descente. L’eau est très trouble, remplie de plancton et il y a aussi beaucoup de courant. À 25 mètres, on frappe un mur de froid. Alors qu’à la surface l’eau est à 28oC, l’eau à la profondeur que nous venons d’atteindre, indique 21oC. Tout un contraste. C’est la température des lacs au Québec l’été. Du jamais vu ici, me dira l’instructeur après notre remontée. Il s’est passé quelque chose en mer pour avoir des courants aussi froids.
Au fond, l’instructeur qui s’était aperçu que Daniel a un surplus de flottaison prend deux roches et remonte vers lui pour les mettre dans sa veste. On l’a perdu de vue. Il le cherche. Plus de Daniel. On cherche à deux. Dans ma tête je me dis, impossible qu’il soit au fond, il nageait comme un bougon de liège. Il est sûrement retourné au bateau, épuisé de faire autant d’efforts pour se maintenir sous l’eau. Bizarre, car d’habitude on fait des efforts pour se maintenir au-dessus de l’eau. On finit notre plongée un peu déçus de la qualité et on remonte vers le bateau, Daniel y est déjà. Et mon diagnostic était le bon. L’autre instructeur l’avait sous-plombé. On surplombe quand on met trop de plomb dans votre veste de plongée et vous devez ajouter de l’air dans votre veste, réduisant ainsi votre temps en plongée. On vous sous-plombe quand on n’en met pas assez et là vous êtes comme un bouchon de liège. La quantité exacte de plomb dans votre veste de plongée est très importante afin de maintenir votre niveau de flottabilité au neutre et ainsi avoir une plongée qui nécessitera le moindre effort de votre part. Car dans l’eau salée, votre corps a davantage de flottabilité et en plus la bombonne d’air et votre survêtement de plongée ajoute à votre flottabilité. Daniel était comme un bouchon de liège à qui on demanderait de rester dans le fond de la bouteille de vin. Physiquement impossible et scientifiquement irréalisable.
Autour du lunch sur l’île, je dis à Daniel de remplir les poches de son costume de bain de sable de la plage, ainsi pourra-t-il mieux descendre lors de sa prochaine plongée. Son instructeur m’a regardé. Je crois bien qu’on venait de résoudre son problème de flottabilité. Il y a de ses farces qu’on ne peut pas rater parfois.
Deuxième plongée… Ah, l’instructeur transgresse les lois du Parc : comme la visibilité est nulle aux endroits permis pour plonger autour de l’île, tous les bateaux de plongeurs présents sur place nous l’ont confirmé. Il demande à son pilote de se diriger vers un autre site où l’eau est plus limpide. Il prend la responsabilité de toutes les conséquences légales de sa délinquance. Il en va de la satisfaction de ses clients. On lui apportera des oranges en prison, dis-je. « Au prix qu’elles sont ici… on ne se ruinera pas ». On s’y rend malgré que notre pilote, un costaricain, rouspète quelque peu. Bonne décision. Une belle plongée et enfin Daniel cale… jusqu’au fond sans effort. On y passe près de 50 minutes à voir des raies, des requins, mille poissons, pieuvres et un très beau décor de coraux en réhabilitation. Ça repousse de partout. Une belle plongée en comparaison de celle du matin. Daniel est satisfait comme le reste des plongeurs d’ailleurs et notre instructeur ne passera pas la nuit en prison.
Le retour a été plus calme que le matin, nous sommes revenus par les mangroves et il y avait plein d’oiseaux partout sur les rives. Ça termine bien une journée. Au retour, Daniel et moi prenons une bonne bière froide au bar adjacent à l’école de plongée, tenu par un français. Elle est pas mal bonne, croyez-moi. Voilà donc pour notre journée de plongée. Arrivé à la villa, Diane est tranquillement assise à lire un bouquin et évidemment je lui fais le récit de mes péripéties de la journée. On dresse le menu du souper. Spaghetti avec l’excellente sauce qu’elle vient de faire. Il faut y goûter avant d’inviter Bernard à faire de même. Avec l’estomac un peu fragile de Bernard, on ne prend pas de risque. Excellente la sauce à Diane, épicée à souhait. Le goût des tomates pourrait être plus relevé… mais passons. Je finis mon verre de rouge et je vais au lit. Bonne nuit du Costa Rica Pura Vida.
MARDI, le 18 février
Encore une journée nuageuse, notre troisième en ligne. Pas que c’est désagréable, car le temps est aussi chaud, mais en plus humide. Vous marchez 5 minutes et vous dégoulinez, du moins pour ceux ou celles qui transpirent facilement. Je prépare le café. Je me suis mis au lit à 10h00 et mes yeux se sont ouverts à 7h15.Une très bonne nuit. Diane a lu très tard, 1h00 du matin. Elle est donc plus lente à se lever. L’odeur du café l’attire hors du lit. Quoi de mieux que déguster un bon café au lait sur une terrasse en observant les oiseaux qui circulent tout autour ? Dites-moi ? Je vous dirais : déguster un bon café au lait sur une terrasse au Québec en plein mois de juillet quand les oiseaux circulent tout autour de vous. Je n’échangerais pour rien au monde les étés québécois. Alors, nous installer 12 mois par année dans un autre pays, même aussi beau que le Costa Rica, nous ne pourrions pas nous y habituer. Quelques mois, oui. C’est un paradis pour ça. On a quand même une belle saison estivale au Québec. Quelques fois, on nous écœure une année avec du temps à se morfondre, mais ce n’est qu’un été sur cinq.
Aujourd’hui, on commence à compter les jours et on se remet lentement dans les affaires de l’AFPAD. J’y consacre une partie de la journée comme je le ferai à mi-temps d’ici le
retour au Québec. Il y a le show du 12 avril à préparer. Les artistes sont tous confirmés : Alain Choquette, Lulu Hughes et Rick Hughes… Luc Senay (La guerre des clans) sera l’animateur de la soirée. On est très fier qu’il ait accepté de le faire spontanément au premier appel que nous lui avons adressé. C’est vrai que c’est un gars de l’Estrie, mais quel grand cœur ce comédien . Je me souviens de son implication dans le show de Sherbrooke pour les enfants de Tchernobyl… Puis les jeunes de la relève. Notre directeur artistique, un sacré bénévole, Jean-Luc Peck de Magog, a déniché des artistes comme Audrey De Montigny, Dany Laliberté et la troupe de danse Animaction qui sera aussi du spectacle. Toute une soirée en perspective. Reste à vendre les tables et les billets. On avait trouvé un bénévole responsable de la vente avant notre départ, mais il nous a quitté pour des raisons de santé. Donc je dois m’y mettre. Alors, vous qui me lisez, passez le message à vos amis : Le 12 avril au Granada de Sherbrooke spectacle beau, bon et bénéfique pour l’AFPAD…Bon, je viens de faire mon pitch de vente. Aussi, j’ai finalisé la préparation de ma présentation pour la ou les conférences que je donnerai ici, le 24 février. Le Chili c’est remis. J’aurais bien aimé tout en observant de la terrasse des spectacles ornithologiques spéciaux, tel un oiseau de proie, le caracara, blotti sur notre pelouse, attaqué par une meute de petits oiseaux défendant leurs nids, l’observation par Diane d’un autre trogon ou la visite à l’abreuvoir pour colibri de plusieurs d’entre eux. Donc, le rythme changera lentement d’ici la fin de notre séjour au Costa Rica. On délaissera un peu plus chaque jour les oiseaux pour se retremper dans le travail. On échangera courriels et téléphones avec le bureau de Montréal. Les demandes de conférences se font plus régulières et comme les gens savent que je reviens bientôt, les réunions s’accumulent à mon agenda. Évidemment, le lancement du livre tiendra une grande part de la planification de mon temps pour le mois d’avril. Vive Internet quoi . Jour pour jour, il nous en reste exactement 14 à passer dans ce pays. Nous allons tout de même en profiter au max et attention à notre retour… on va péter le feu…
Je vous laisse. Je termine mon rhum, que fabrique merveilleusement bien ce beau pays, et je m’attelle au souper. Au menu : crêpes au bacon et jambon arrosé évidemment de notre sirop d’érable national et d’un petit vin chilien très honorable d’ailleurs. Demain, journée de pêche en haute mer. Denis, Paul et André (mes frères) attachez vos tuques pour la partie de pêche de l’été prochain en Abitibi ! Il est 23h00 quand on regagne notre lit. On vient de se rendre compte que nous avons manqué l’éclipse lunaire totale de 22h00. Zut !
MERCREDI, le 20 février
Un rayon de soleil se glisse par une petite fente entre le rideau et le cadre de la fenêtre de notre chambre. Il m’arrive en plein visage et je me réveille surpris et avec l’impression que j’ai passé tout droit pour l’excursion de pêche. Je ne tarde pas à trouver ma montre pour m’en assurer. Ouf ! Il est à peine 6h30. Je me lève pour mon exercice sacré du matin et c’est quoi encore ? Eh oui, ouvrir le sac de ce bon café costaricain, humer son odeur et remplir le percolateur. Puis couper les fruits, entre autres, une nouveauté appelée « fruit de la passion » et… faire chauffer mes pains à la cannelle. Ah, la senteur du café qui percole mêlée à celui de la cannelle… et ce bizarre de fruit à manger. C’est un fruit rond, la grosseur d’un gros kiwi, d’un jaune brunâtre, à l’enveloppe lisse et dure comme une coquille d’œuf. Avec vos doigts vous pressez sur l’enveloppe comme pour la casser délicatement en deux et vous avez devant vous, une fois l’opération réussie, comme une glue remplie de pépin. Ce n’est pas invitant. Vous hésitez à y goûter étant certain qu’on veut vous tendre un piège. Et vous y goûter du bout de la cuillère. Mmm, le goût tire sur les fraises, la banane, la poire même que la finale en bouche est citronnée. Très très bon. Ça ne se trouve que dans les montagnes. Lors de notre prochaine escapade à San Isidro nous essayerons d’en trouver. On nous dit que ça se conserve longtemps à cause de son enveloppe peu poreuse.
Voilà… nous sommes prêts à partir. Le quatuor est réduit à un trio, ce qui a pour effet de faire monter les frais individuels pour la sortie. Ici, un bateau de pêcheur ne prend pas la mer en bas de 150 $. L’idéal, c’est d’être quatre pour partager les coûts. Jaime (le fameux Crocodile Dundee du Costa Rica, le spécialiste de la chouette et des mangroves…) nous attend avec son sourire communicateur. « Hola. Seno Jaime « Je salue aussi le capitaine du bateau de Crocodive avec lequel je fais la navette hebdomadairement pour mes plongées. Comme d’habitude, le bateau de Jaime luit comme un sou neuf. On embarque avec nos espadrilles. On les enlève de peur de salir le fond du bateau. Voilà que Jaime se promène avec une éponge pour enlever toute saleté laissée par nos chaussures. Une vraie madame Blancheville. Le temps est superbe. Au réveil, quelques nuages traînaient paresseusement sur le littoral. Le soleil les a chassés rapidement et le temps est maintenant clair. Ça va être chaud. Parfait pour la pêche en très bonne compagnie. On prend la mer à marée basse. Les vagues à l’entrée de la rivière sont puissantes et hautes, mais on a un bon pilote. En deux temps trois mouvements nous voilà en mer à taquiner le « snipper ». Il a une chair rosée comme le doré et c’est un des meilleurs poissons du coin. Ça ne mord pas. On quitte pour le large, près des crevettiers, pour pêcher le thon. Ça ne prend qu’une passe ou deux entre les gros bateaux de pêche pour que Daniel et Jean-François crient en même temps : « J’en ai un ». Après quinze minutes d’efforts soutenus, les deux spécimens sont dans le bateau et c’est le moment des premières photos. Quel beau poisson dans l’eau quand il arrive près du bateau . Il reluit comme une pièce d’argenterie. On continue. JF en sort un autre. Ouais, je sens mes talents de pêcheurs me quitter ou la chance colle vraiment à JF. « Un poisson, une bière ». Voila le mot d’ordre d’un bon pêcheur. Je vous dirais que prendre une première bière le matin à 9h00 ça fait bizarre, 10h00, deuxième bière. L’atmosphère se détend, les conneries fusent et voilà JF en train de donner des cours de pêche aux deux pros qui l’accompagnent. Le résultat est pas si pire, parce que les lignes de Daniel et la mienne « clenchent » en même temps. Deux belles prises. Quelque minutes plus tard, mon troisième (celui de la photo), un beau celui-là. Autour de 25 livres. Mon troisième, le pro rejoint le maître. On rigole. On en sort ainsi une bonne dizaine et on en remet plusieurs à l’eau. On retourne au « red snipper ». Jaime nous fera la barbe. Jaime 3 et nous trois 0. 12h00 et quelques bières plus tard, tout souriant sous un soleil de plomb, nous rentrons au port. Jaime affile son couteau et « filète » notre poisson. Je me mets à la tâche pour faire un filet. La peau est très mince et la chair assez ferme. D’un rouge comme de la viande de bœuf. Il faut avoir une certaine habileté pour manœuvrer et faire de beaux filets de poisson. De retour au Diquis, je garde quelques filets et le reste est remis à Renée qui le servira en ceviche, sur la grille ou dans la poêle. Un très bel avant midi et ça mérite une plonge dans la piscine. Il fait chaud.
Après-midi nuageux, soirée de pluie torrentielle qui a débuté vers 18h00 et qui s’est terminée vers 21h00. Ça tombait, mais pas à peu près. De la pluie chaude et soutenue. Quand tu te promènes sous la pluie, tu sens à peine la différence entre la température de l’air et celle de la pluie. Bon, on en avait un peu de besoin. Renée qui arrosait ses plantations en après-midi en sera très heureuse. Demain il devrait faire beau. Bernard nous a accompagnés pour le souper, histoire de goûter à la sauce à spag de Diane. Le verdict est très positif. La soirée se termine autour de discussions fort animées sur la cohabitation entre chasseurs et ornithologues. Nous discutions entre autres de la chasse aux dindons sauvages au Québec. Ça me rappelait les bonnes années où j’étais directeur régional du ministère de la Faune. Aujourd’hui, je discute ces sujets avec un peu plus de détachement et ma foi d’ouverture. La pluie a cessé, la chaleur a remplacé la fraîcheur que la pluie nous procurait. Je sens que demain sera chaud. Une grosse journée m’attend : des contacts à faire pour remplacer Alain Choquette qui vient de nous informer qu’il ne sera pas du super spectacle du 12 avril à Sherbrooke. Il a accepté un contrat de travail dans les Bermudes. Ça nous désorganise beaucoup d’autant plus que toute la publicité était basée sur sa présence et qu’il faut lui trouver un remplaçant tout aussi connu à la dernière minute. Donc, demain matin, on se met au travail pour faire aller nos contacts. Bonne nuit et faites de beaux rêves…
JEUDI, le 21 février
C’est l’anniversaire de la mère de Diane. Elle me le rappelle en nous levant. C’est sans doute pourquoi la journée débute ensoleillée. Il fait beau. Les nuages et la pluie d’hier soir ont fait place à un beau soleil chaud et un temps humide. Je coupe les fruits dans les assiettes, je prépare le café et m’en verse un. À la première gorgée, je sens toute la douceur et les arômes du Costa Rica. Quel plaisir matinal c’est de prendre cette première gorgée de café sur la terrasse en écoutant les oiseaux nous offrir leurs refrains matinaux . On dirait qu’ils veulent nous impressionner pour nous inciter à les chercher dans le feuillage des arbres qui nous entourent. Il me semble que nous en prenons trop l’habitude de ces douceurs matinales, au point de trouver le temps qui nous reste trop court. Il se défile trop vite. Je sais bien que notre vie est ailleurs que dans ce calme et cette quiétude du Pacifique Sud. Mais, ça change de la rigueur du combat que nous menons, jour après jour depuis 5 ans, même si nous ne nous en détachons rarement, même à 4000 kilomètres de distance. Cette retraite est tout de même salutaire pour moi, pour Diane et sans doute pour la cause que nous défendons. Cette distance que nous nous donnons, nous permet d’apprécier les amis que nous avons, la vie qui est toujours aussi belle et l’amour qui continue à nous habiter pour en donner encore plus à ceux que la vie a fauchés ce qu’ils avaient de plus beau, de plus précieux et de plus aimé. Grandir, c’est le seul mot qui me vient pour terminer cette réflexion tout à fait improvisée.
À 8h00, on prend lunettes d’approche, appareil photo et notre provision d’eau pour accompagner Bernard qui a une sortie ornitho guidée à faire ce matin avec un couple de touristes. Ah, les chanceux, ils observent un puffbird et un trogon, deux espèces vedettes au Diquis. Photos à l’appui. On laisse Bernard et son groupe. Diane et moi continuons seuls notre balade. Près de la rivière, un bel oiseau- mouche d’une espèce pas encore vue au Diquis et un grimpereau, un « lifer » pour Diane. Tiens, un autre trogon, la femelle cette fois-ci. Un bel avant-midi quoi. Et notre amie fidèle, Ouma la chienne du Diquis, qui nous accompagne à toutes les sorties que nous faisons aux alentours. Je me permets de mettre sa photo sur le blogue cette semaine. Elle est si adorable cette chienne, très attachante. Je crois que si Diane pouvait la ramener au Canada, elle le ferait tant c’est son genre de chien. Douce, calme et enjouée. Jamais elle ne jappe et elle écoute docilement. Une compagne idéale quand je prends seul mes marches. Elle nous a un peu adoptés. C’est comme si on n’en n’avait pas l’habitude… de ces adoptions…
Bonne nouvelle en ouvrant notre Internet ce matin. Je vous disais hier qu’Alain Choquette nous a faussé compagnie pour accepter un contrat ailleurs. Et bien, notre directeur artistique, Jean-Luc Peck, me confirme qu’il a trouvé un remplaçant :
Martin Rozon, un bon magicien un peu humoriste et de plus en plus connu au Québec. Comme je l’ai déjà vu une fois à la télé et que j’avais aimé sa personnalité, je suis certain qu’il sera un très bon remplaçant. Merci Jean-Luc et Martin. En fin d’avant-midi, Daniel, mon compagnon de pêche, m’invite à aller faire du surf à Dominical où les vagues sont les plus fortes sur le littoral du Costa Rica. Évidemment, je dis oui. Je m’amuse tant dans les vagues, qu’essayer ce sport est irrésistible. On prend la voiture et nous voilà tous rendus à la mer en moins de 30 minutes. On décide de prendre un cours d’une heure et après se lancer dans la mer. Plus de cours disponibles à cette heure, « revenez demain matin » qu’on nous dit. Et bien… pas question, on se lance quand même dans la mer avec des planches que nous louons au premier kiosque en vue. Nous voilà d’attaque pour les grosses vagues de Dominical. Ouf, des grosses vagues, vous dites. Au large, elles sont de plus de 10 /15 pieds et plus près de la grève, elles sont de 5 à 8 pieds. Quand même ça brasse en maudit quand tu as une planche de 8 pieds entre les mains et qu’il faut passer les premières vagues et ramer au large pour les prendre encore plus hautes. Que ça l’air facile quand tu vois tous ces jeunes hommes faire du surf sur les vagues comme nos jeunes qui font du surf sur les pistes de ski au Québec. Vagues après vagues, on se laisse pousser par la vague et on essaie de monter sur la planche. Déjà de rester debout sur cette planche, même sur le sable de la plage est un exploit. Imaginez sur une vague qui vous brasse comme un bouchon de liège à la flotte. Mais Daniel et moi, nous nous amusons comme des petits fous. À s’amuser ainsi, on s’épuise. Je réussis à mettre mes genoux sur la planche et faire un bon bout. Puis, mon défi de la journée, être en équilibre deux secondes, debout sur la planche. J’ai réussi. Je suis convaincu, qu’avec quelques semaines de pratique, je dirais. « Emmenez-moi en des vagues ! ». Deux heures à se faire ballotter, « garrocher », inonder, en plus de toute l’eau qu’on a avalée par la bouche et le nez, Daniel et moi sortons de la mer épuisés, complètement vidés, mais heureux d’avoir essayé de dompter cette fameuse vague de Dominical. Daniel est un très bon compagnon d’activité. On a plongé ensemble sous la mer, on a pêché ensemble et on a dompté les vagues ensemble. À chacune des activités, c’est sa simplicité et sa bonne humeur, qui plus souvent qu’autrement, faisait de notre sortie une réussite. Un chic type qu’on reverra sûrement à Ojochal puisqu’il a décidé d’investir dans l’immobilier. Bonne chance mon cher Daniel et au plaisir de tirer notre ligne quelque part dans les îles de Sorel.
De retour, j’ai à peine la force de faire à souper et vous écrire ces quelques lignes. Ouma est venue me retrouver sur la terrasse de notre villa. Je l’ai flatté un peu et elle s’est assise à mes pieds pendant que je vous écris ces quelques lignes. Le temps est doux et humide. On est très confortable. J’écoute Laurence Jalbert. Évidemment que les souvenirs du show de l’an dernier me reviennent en tête. Sa présence avait été si magique, unique. Nous allons la rencontrer lors de son prochain passage à Sherbrooke, la veille du spectacle du 12 avril. Elle donne un spectacle le 11 à la salle de l’Université de Sherbrooke. Là-dessus, je vais aller au lit. Que c’est beau la vie, n’est-ce pas . Écoutez les chansons de Mme Jalbert et vous me croirez. À demain.
VENDREDI, le 22 février
Le réveil se fait attendre, il est presque 8h00. Est-ce les vagues d’hier qui m’ont ainsi amorti ou la lecture de Diane tard ans la soirée ? Toujours est-il que nous avons fait une très bonne nuit. Bizarrement, j’ai rêvé que je pelletais chez moi. Une grosse tempête s’était abattue sur Sherbrooke. Est-ce un présage pour notre retour ? J’espère que non. Nous comptons les jours. Nous apprécions encore plus nos déjeuners aux fruits sur la terrasse et l’excellent café costaricain. Juste à penser qu’au retour nous devrons encore vivre une période d’hibernation, me laisse froid. Ce matin, le soleil plombe de tous ses rayons. Pas un nuage. Il va faire chaud. C’est une journée idéale pour la plage. Mais je ne peux résister à une balade matinale avec mon appareil photo pour tenter de ramener LA photo rare. Diane trouve le temps trop chaud. Je pars avec Ouma qui est déjà à la porte de notre villa depuis 7h30. Elle sent mes espadrilles et elle sait que je vais aller me balader avec elle. On va vers la rivière dans l’espoir de photographier mon morpho, le fameux papillon bleu. J’en vois 3 ou 4, mais impossible de les saisir sur pellicule. Ça va me prendre un filet pour les attraper, puis en tenir un entre mes doigts et click, la photo. Je reviens avec quelques photos, mais rien de nouveau quand Diane les examine de plus près sur le PC. Le service Internet est en panne. Les ordis ne fonctionnent plus. Donc, impossible d’envoyer nos messages. Faut se dénicher un café Internet dans les environs. Ce n’est pas évident, mais il y en a quelques-uns. En après-midi, nous avons le camion et nous nous dirigeons vers Dominical. Diane n’a pas encore visité cette petite ville et j’aimerais bien encore tenter de surfer. La mer est belle. Diane s’installe sous un palmier pour poursuivre la lecture de son livre et je me lance à la mer avec ma planche louée à un des très nombreux stands qui en font commerce.
La mer est aussi turbulente qu’hier. L’eau est bonne. Le résultat sera identique à celui d’hier ou un peu mieux. Après une heure de surf, j’ai réussi à me hisser sur la planche, debout à deux reprises. J’ai dû y tenir 3 secondes. C’est bien non ! J’ai doublé mon score d’hier. Plus tard, quand j’ai fini de m’amuser, nous faisons connaissance avec les rues (ruelles plutôt) de Dominical. Tout est encore en gravier. Faut savoir que Dominical est fréquenté en grande partie par des nord-américains (USA) et un peu par des canadiens. C’est jeune et bruyant. Beaucoup de terrains de camping pour les jeunes. Peu de luxe. Diane dira même, « ça fait années 70 ». C’est vrai, elle a raison quand on regarde les babioles qui se vendent le long de la plage. Des gros colliers en bois ou des tissus du genre « peace and love ». Nous rencontrons des mecs poilus et barbus du genre « peace and love » ou des jeunes complètement hors siècle. Comme si Dominical était un gros Woodstock. J’imagine les soirées ici. Pot, bière et pitounes. Bof, faut que jeunesse se passe ! Ici, on dépense et on s’éclate. Mais, je suis certain que pour ces jeunes venus ici une semaine, un mois ou une année c’est « trippant au boute ». Je n’y resterais pas pour une nuit. Même si je ne veux pas snober Dominical, disons que ce n’est pas de la même classe que le Diquis. De retour à la villa, je dois préparer le souper avec Diane. Nous recevons Bernard et JF. Au menu, filet de porc (qui a mariné depuis 12h00) farci au cheddar avec sauce aux agrumes. On a fait l’épicerie sur notre retour de la plage et voilà Diane qui prépare les amuse-gueules. Olives farcies aux anchois sur biscottes nappées de fromage à la crème et moules fumées sur les mêmes biscottes nappées au même fromage. Puis, il faut que j’attache bien mon morceau de porc avec de la ficelle après l’avoir farci. Préparer les patates à rissoler et enfin les fèves vertes. C’est bon pour le cœur les fèves vertes, comme je disais à mes enfants quand ils étaient encore tous à la maison. Nos invités arrivent. Il fait beau, chaud et l’apéro commence. Pendant que Diane se bidonne avec les invités, je cuisine et je navigue entre notre villa et le BBQ du Diquis, situé à 100 mètres. De temps à autre, je capte une bribe de conversation. À les entendre rire, je suis persuadé de manquer quelques bonnes farces ou jeux de mots. Le souper est enfin prêt. Je prépare ma sauce. Je remplis les assiettes et je sers. J’attends le verdict de la bouche de mes invités et Diane qui toujours assez critique de ma cuisine. Il faut bien si on veut s’améliorer. Verdict : Bravo chef, de JF, excellent de Bernard et très bon de Diane. Ouf, encore une improvisation culinaire qui a marché. C’est ça la cuisine, se fier à ses goûts et ses instincts. Cuisiner dans un pays dont on ne connaît peu les ingrédients et les matières premières comme ce soir une longe de porc costaricaine, ce n’est pas évident. Je suis bien fier de ma cuisine. Tout le monde a vidé son assiette, ce qui est bon signe. Comme dessert, tarte aux pommes des Quakers, couverte de crème glacée du pays. Un autre succès. Là dessus, Daniel et sa conjointe arrêtent nous saluer. Ils quittent demain très tôt. Deux semaines dans ce pays c’est court, nous diront-ils. Je les comprends. D’heureuses rencontres qui seront sur notre blogue évidemment et des gens que nous retrouverons peut-être l’été prochain au Québec, sur leur bateau. Bon voyage Daniel. Diane est déjà au lit et elle dort. C’est à mon tour de l’y rejoindre. Il est 23h20. C’est tard pour moi cette semaine, car j’ai rarement dépassé 22h30. Bonne nuit et passez un beau samedi.
SAMEDI, le 23 février
Une journée tranquille s’annonce. Il fait beau et chaud malgré quelques nuages. Les gens d’ici trouvent ça inhabituel d’avoir tous ces nuages. Pour nous, le temps est beau, très beau. Ma matinée est consacrée à ma marche découverte, Bernard se joint à moi. Diane reste pour faire quelques salades pour la semaine. Internet va et vient au fil des marées. Un bog dans le système fait que ça décroche puis ça revient. En après-midi, on prend ça cool aussi. On atteint notre huitième semaine et je sens que je décroche lentement de mes vacances. Faut se préparer psychologiquement au retour. On se trempe lentement dans les affaires de l’AFPAD et surtout du show du 12 avril à Sherbrooke.
J’ai fait un petit tour sur Internet pour voir les prévisions de la météo. Ça m’a convaincu de rester deux semaines de plus l’an prochain. Avant que les gens me fassent une remarque genre : « Mais qu’a-t-il à chialer contre l’hiver ce Boisvenu ? ». Je vais tout de suite vous dire, que je n’ai rien contre l’hiver, mais je ne suis juste pas capable de me convaincre que je dois aimer ça. Avoir à m’habiller, à mettre mes bottes, sortir dans le froid, me déshabiller, avoir chaud, avoir froid, geler du nez, réchauffer l’auto, gratter les vitres, manquer de lave-glace, changer les pneus, (une chance que je ne pelte plus), etc. Ici, c’est les gougounes et les shorts… point à la ligne. Je sais bien que nous sommes des privilégiés. Bon, fini mon limonage. Il faut que je m’y fasse. On patientera tout le mois de mars pour le réchauffement. Il n’en restera pas beaucoup après.
Ce soir… sortie spéciale de fin du voyage. Nous allons dans un resto français, le Citrus. On a bien hâte de vous en faire la critique. On nous en a dit beaucoup de bien. Ce sera mon « close-up » de la semaine. Pis demain ma conférence. Faut que je me prépare. Il y a presque trois mois que je n’ai pas parlé de la cause. Et bien… la soirée se termine ici, après le souper au Citrus. Comment vous parler de cette soirée . On nous avait bien vanté les mérites de ce restaurant en question. Et vous me connaissez, je suis difficile, faisant moi-même beaucoup la cuisine. Je suis critique à mes heures. Je vais essayer d’être le plus objectif possible sachant que les gens qui vont me lire le fréquentent ou risquent de le fréquenter. C’est un très bel endroit. Magnifique d’ailleurs. Le personnel est des plus accueillant et nous partagions la table avec une Québécoise de la Gaspésie et son amie française de Bordeaux. Toutes les deux étaient fort sympathiques. Entrée très bien, les escargots que j’ai pris étaient excellents, bon repas : les portions sont à la hauteur d’un bon appétit. Le vin est à la hauteur et les prix sont honorables. Le hic c’est l’attente. Très, très longue attente pour l’addition et la musique disco qui a de quoi nous enlever le goût du Costa Rica. On a demandé de la changer, mais c’était peine perdue. On aurait pu attendre au moins la fin du repas pour déclencher cette musique qui nous a interdit toute conversation à table. Même si la gérante a bien voulu m’expliquer que c’était une soirée spéciale avec un DG embauché pour la circonstance, un peu de musique sud-américaine aurait été plus de rigueur que le disco américain. Dommage. Ici se termine notre septième semaine. Par une soirée fraîche et typique de la région du Pacifique Sud. Pura Vida, comme nous disons ici. À la semaine prochaine amis du Québec et d’ailleurs.