6ième semaine en mots
Créé par boisvenu le 21 juil 2009 | Dans :
DIMANCHE, le 10 février
On entame déjà notre sixième semaine. Ça passe très vite, trop vite. Est-ce l’âge ou les activités que nous pratiquons qui nous donnent cette impression « du temps qui file » ? Je ne peux le dire, amis toujours est-il que l’an dernier nous planifions 5 semaines dans le sud avec une grande hésitation. Cette année, nous sommes passés à huit semaines. C’est encore assez court. L’an prochain pourquoi pas dix semaines ? On y pense…
Ce matin, Diane a planifié une sortie dans le coin de San Isidro pour visiter Los Cusingos un sanctuaire ornithologique de 78 acres, créé par le grand ornithologue américain, le Dr Alexander F. Skutch décédé en 2004. Il est l’auteur du premier guide ornithologique du Costa Rica. Sa résidence sera transformée en musée cette année. Cette réserve se situe à près de 100 km d’ici. Il fait chaud….très chaud.
Un mot pour vous parler de la signalisation au Costa Rica. Premier commentaire : elle date. Timide, vieillotte et difficile à repérer. Lorsque vous cherchez la direction par les panneaux routiers pour vous rendre à un endroit, il faut faire preuve de beaucoup de vigilance et avoir une bonne vue. C’est peu dire. On a l’impression que ces panneaux ont été installés l’année de l’ouverture du site et qu’ils n’ont jamais été repeints depuis. Petits, souvent loin de la route, ceux-ci méritent toute votre attention sans quoi vous prolongerez votre kilométrage. L’avantage à ce manque de précision touristique : ça vous faire voir du pays. Par exemple, on vous annonce un pont étroit : passage pour une voiture, mais le pont a été remplacé depuis et il a deux voies maintenant, mais on n’a pas enlevé le panneau. Donc, ayez de très bonnes cartes routières et essayez de vous débrouiller en espagnol.
On a pris l’habitude de ne pas faire de la route inutilement. D’abord, voyager ainsi à 40o draine de l’énergie et raccourcit votre visite du site tant recherché. Voyager au Costa Rica n’est pas comparable au Québec. C’est comme en Corse, ici les distances se calculent en temps et non en kilomètres. Renseignez-vous bien sur le site à visiter avant de partir.
Cette fois-ci, Diane a fait preuve de beaucoup de vigilance et je n’ai eu à interpeller que trois ou quatre costaricains pour savoir si nous étions dans la bonne direction. On s’est rendu assez directement, sans trop de détours. L’endroit est situé à une vingtaine de kilomètres de Rivas et un guide à l’accueil vous attend sur place. Deux sentiers sont proposés aux visiteurs. Après avoir fait notre choix, nous sommes accompagnés d’un jeune guide pour nous rendre à l’entrée du premier. Il nous amène à un magnifique jardin, celui sans doute où le Dr Skutch a fait de nombreuses observations d’oiseaux et de plantes. Puis nous nous dirigeons vers la forêt tropicale et quand je dis forêt, j’insiste sur son qualificatif de « tropicale ». Dense, chaude, humide et impénétrable. Moi qui croyais que les forêts de l’Abitibi étaient difficiles d’accès, ici elles sont impénétrables en dehors des sentiers balisés. Je crois qu’il est impossible d’y passer même un bras. Je comprends que les Espagnols qui s’y égaraient devenaient fous après quelques jours à essayer de retrouver le chemin de retour. Des arbres d’une hauteur vertigineuse (200 pieds), aucun repère pour s’orienter et un relief qui rend impossible une vue au loin. Impressionnant, mais ce n’est pas la place idéale pour observer les oiseaux. On entend beaucoup de chants, mais on voit peu de chanteurs.
On arrive à une croisée de sentiers. La signalisation n’est pas meilleure ici que sur les routes du Costa Rica il faut donc deviner en se fiant à notre pif, la direction que nous devons prendre. Évidemment nous n’avons pas pris la bonne. Marche, pis marche, monte pis descend. Après un kilomètre ou deux en forêt, on tombe sur des pierres gravées de pétroglyphes précolombiens. Ils sont très rares dans ce pays où la jungle étouffe tout en très peu de temps. La question qu’on se pose Diane et moi « Comment ont-ils fait pour découvrir ces trucs, si enfoncés dans une jungle aussi dense ». C’est comme s’ils avaient découvert une aiguille dans une botte de foin. Sans doute un gars perdu y a-t-il passé la nuit avant d’être secouru par ses chums ? On va faire notre recherche. Intéressant tout de même. (Voir photo). Des dessins particulièrement bien conservés d’animaux. Ça nous rappelle les grottes de Lascaux en France. Mais les deux kilomètres qu’on vient de marcher, il faut les marcher dans le sens inverse. Pis y fait chaud. Notre provision d’eau fraîche nous aide à faire le parcours sans se démoraliser, tout en gardant l’œil sur des nouveaux oiseaux.
Au retour, nous passons quelque temps assis sur le perron de la maison du Doc et là, nous réussissons à observer quelques oiseaux, évidemment des « lifers » pour Diane. Déjà 14h00. Il faut revenir, car Carmen et Marie-Hélène nous attendent à 16h30 pour le passage des oiseaux sur les hauteurs de la colline où est perchée sa maisonnette. Le rosé sera le bienvenu.
La journée se terminera ainsi. Petit rosé sur la terrasse chez Carmen à observer les grandes aigrettes et les hérons garde-boeuf qui retournent à leur dortoir pour la nuit. De retour au Diquis, Diane et moi prolongeons le plaisir en passant une grosse heure dans la piscine presque trop chaude pour nous rafraîchir. Décidément, les piscines d’ici n’ont pas besoin de chauffe-eau, mais plutôt de refroidisseur. Bonne soirée… bonne nuit.
LUNDI, le 11 février
On récupère de notre journée d’hier. Petit déjeuner aux fruits sur la terrasse. Le temps est bon. Quelques nuages ornent le ciel. Y aura-t-il de la pluie ? Sans doute pas.
À la veille de terminer ma 59e année, je me sens très bien. En forme, jeune « de cœur » et il me semble qu’il me reste encore beaucoup à faire dans la vie. La veille de son anniversaire, on a toujours un petit moment pour une petite réflexion sur notre âge, n’est-ce pas ? Plus on vieillit, plus ce temps de réflexion existentielle s’allonge. Sans doute parce qu’on est moins pressé et qu’on a plus de temps à consacrer à cet exercice. Toujours est-il que j’ai la journée pour y penser.
Bizarrement, cette semaine, après avoir terminé le roman que Diane venait de lire, « Le dernier jury », je suis tombé sur un livre dont le sujet m’est familier : « Conversation avec Dieu ». Comment ça que ce livre me tombe entre les mains au Costa Rica, à quelques semaines de la sortie de mon livre au Québec, lequel livre traite de ma découverte de la trilogie « Conversation avec Dieu» en 1997. J’ai toujours su que la mort de mes filles n’était pas un hasard. Rien dans la vie n’arrive pour rien ou par accident. Tout nous est destiné pour que notre vie ait une plus-value jour après jour, évènement après évènement. J’entreprends donc la lecture du livre « L’amitié avec Dieu », un dialogue hors de l’ordinaire, le cœur de mes 59 ans ouvert sachant qu’elle m’apportera autant que la trilogie que j’ai lue il a bien des années et que j’avais relu après l’assassinat de Julie.
Donc, lundi chaud, lundi de quelques « lifers » pour Diane. Lundi des besognes domestiques et du repos. En après-midi, j’ai pris ma chaise et je me suis installé en bas de la colline de Diquis, près de la rivière à l’ombre, afin de surveiller le passage d’un papillon bleu, le morpho. Rien, il faut venir le matin. Puis mon blogue à mettre à jour. C’est la 5e semaine déjà. Lundi tranquille, soirée chaude. Demain c’est la fête, c’est le 12. Bonne nuit.
MARDI, le 12 février
Bonne fête Paul ! (C’est mon frère jumeau). Une année de plus ou une journée de plus dans notre vie ? Voilà la question que je me pose toujours quand je me réveille le jour de mon anniversaire. J’ai toujours considéré que pour les autres j’avais une année de plus, mais que dans mon cœur, je n’avais qu’un jour de plus au compteur.
C’est une journée très chaude. On sent vraiment que le mois de février avance, car les températures augmentent constamment. Les températures du jour sont toujours au-dessus de 35 à 35oC, à l’ombre s.v.p., et la nuit ça descend rarement en bas de 27, 28oC. Vive la climatisation. Donc les promenades doivent être planifiées en fonction de l’heure de la journée et de l’ombrage que nous fournissent les sentiers à parcourir. Sinon, c’est l’épuisement total et vous en avez pour une journée à vous en remettre. Diane en sait quelque chose. Personnellement, je tolère bien la chaleur, je m’y plais même. Je me rappelle l’été dernier lorsque nous visitions la Grèce, Athènes en particulier. C’était la période des grands feux et des records de chaleur. Une journée, le jour où nous avions visité le Parthénon, il faisait 48oC. Quand je dis ça à Bernard, il est sceptique. Donc, pas question pour Diane de sortir sans son ombrelle.
Petit déjeuner au Rancho (salle à manger de Diquis) sur invitation privée de la patronne Renée. Menu : fruits, œufs et bacon. Notre premier déjeuner américain depuis notre arrivée au Costa Rica. Il me semble, que je me suis déshabitué à déjeuner salé. Depuis un mois, mes déjeuners consistent en une quantité importante de fruits et deux bons beignets préparés par les amish.
Ce matin, comme d’habitude, nous avons emprunté le sentier qui nous mène à la rivière. Ce coin est vraiment frais et ça attire les oiseaux qui y trouvent refuge eux aussi, pour se mettre à l’abri de la chaleur. Mais tout est tranquille. Peu d’oiseaux, quelques morphos que je n’ai pas encore réussi à en photographier de près. Ils ne cessent de bouger ces petites bêtes-là. C’est le défi que je me suis donné d’ici la fin du séjour. Vous envoyer une photo de ce magnifique papillon.
Retour à la casa pour quelques longueurs de piscine. Puis visite au local Internet pour prendre mes nombreux messages. Évidemment, il y a tous ces souhaites de bonne fête qui me sont adressés. Merci à tous ceux et celles qui l’ont fait. Des nouvelles du père de Diane qui était hospitalisé. Il est de retour chez lui, mais il n’est pas en bonne forme.
Aussi, une bonne et une mauvaise nouvelle pour l’association. La mauvaise nouvelle : notre bénévole responsable des ventes pour les tables au spectacle de l’AFPAD du 12 avril au Théâtre le Granada, quitte l’équipe de jeunes qui se dévouent corps et âme pour que l’activité soit un succès. Je tente donc de le rejoindre dans un ultime effort pour qu’il nous donne un peu de temps. Denis est un gars formidable ; toujours le sourire avec de très bons contacts. C’est l’homme idéal pour bien faire ce travail. On devrait se parler dans les heures qui viennent, mais Diane et moi sommes un peu assommés. La bonne nouvelle : les Éditions de l’Homme m’envoient le manuscrit final du livre. Reste juste la page couverture à terminer. Je dirais plus tôt à reprendre. On n’en était pas satisfait de leurs côtés. J’apprends aussi qu’il sera vendu entre 25 et 30 $. Le lancement officiel prévu pour le 5 avril est remis au 12, à cause du début du procès que nous avons intenté contre la ville de Sherbrooke et quatre de ses policiers. Ceux-là mêmes qui avaient procédé à l’interception du meurtrier de Julie quelques minutes avant qu’elle ne disparaisse à jamais. Donc, un mois d’avril des plus actifs : le livre, le show de Sherbrooke, le spin-o-ton de Québec, le procès, mes conférences, ouf…
Notre ami Bernard nous a invités pour dîner à son nouveau logement. En effet, comme son contrat se terminait au Diquis et que la cabina qu’il habitait jusque-là a été réquisitionnée par son propriétaire qui a commencé des travaux majeurs à sa résidence principale. Bernard se retrouve donc à 500 mètres de Diquis, et ma foi dans une belle petite villa avec une très belle vue. Seul handicap, il n’y pas de piscine accessible aux locataires sauf celle des propriétaires, sur invitation seulement.
Il nous attend sur sa terrasse pour l’apéro. Puis un lunch très saisonnier : salade aux légumes, pâtes et fromages. Nous dégustons lentement tout en admirant le magnifique décor des montagnes d’Ojochal. Le temps chaud nous oblige à une mobilité restreinte et nous apprenons rapidement à gérer l’économie de nos mouvements. On se lève debout que s’il est important ou urgent de le faire comme pour observer un oiseau, mais, pas n’importe lequel. Il faut qu’il soit un petit nouveau dans la collection de Diane et Bernard. Comme mes connaissances sur les oiseaux se résument à reconnaître leurs couleurs, je me lève plus souvent que Bernard ou Diane. Mon mouvement de redressement spontané est le plus souvent accueilli par une phrase telle que : « C’est juste un….».
On discute de notre sortie du 13 février. Nous avons projeté de nous rendre aux abords du Parque National Corcovado. Ce n’est pas simple. L’excursion se fait normalement en deux jours parce ce parc est difficilement accessible par la route. Il faut donc y aller par la mer. Peu d’informations vraiment fiables existent et nous voulons faire cette excusions en une seule journée. Nous devons donc improviser une stratégie pour ce faire.
Première journée où je fais la sieste. Sans doute, les deux bières que j’ai prises au dîner m’ont amorti. L’énergie habituelle que je manifeste normalement à cette heure de la journée est absente. Je me réveille passé 16h30 en pleine forme. Je me sens 10 ans plus jeune.
Invitation des propriétaires du Diquis, Renée et Pierre pour un souper d’anniversaire. Plusieurs habitués du Diquis qui sont devenus au cours des semaines, pour certains de bons amis et d’autres d’excellents compagnons ou compagnes de voyage, sont présents pour l’occasion. Au menu, langouste et filet mignon. Ce sera mon premier « surf and turf » costaricain. En prime, un magnifique gâteau au chocolat décoré d’un magnifique morpho et accompagné d’une excellente crème glacée à la vanille et d’un petit rosé juste à la bonne température. La soirée se termine avec des discussions à bâton rompu comme cela se fait dans les réunions de famille de chez nous. Même à 4 000 km on garde les mêmes habitudes. Avec la magnifique température qu’il fait ce soir à Ojochal, j’ai l’impression tout à coup d’être au Québec avec une gang de québécois par une belle soirée d’été, à parler de choses et d’autres, juste pour vivre le plaisir d’être rassemblés. On est le 12 février et il doit faire -20oC au Québec. Il est temps d’aller au lit, demain les filles nous attendent à 6h30 pour le petit déjeuner. Bonne nuit….
MERCREDI, le 13 février
Je ne sais plus à quoi au juste je rêvais, mais je devine que la personne qui me brasse n’en fait pas partie. C’est Diane qui m’annonce qu’il est 6h00 « Faut se lever… ». Il me semble que le soleil n’est pas encore debout, que ma montre n’a pas encore sonné et que je ne suis pas tout à fait éveillé. Bon, quand faut y aller, faut y aller.
Marie-Hélène et Carmen nous attendent chez elles pour le petit déjeuner et pour voir le soleil se réveiller au même rythme que moi. Nous y allons aussi pour les oiseaux. Les filles nous vantent depuis des jours le spectacle aviaire du matin qui s’offre à elles. Le café pris à notre villa me donne le premier coup d’envoi. Je ramasse l’ananas que j’ai acheté la veille, Diane cueille quelques bananes au régime attaché au rancho, je cueille Bernard à sa nouvelle résidence et on file chez les filles.
À peine arrivés, nous constatons que l’endroit grouille d’oiseaux. Comme le temps est frais, nous ne sommes pas contraints aux mêmes obligations d’immobilisme corporel que s’il était midi. Se promener autour de la propriété ne nous donne pas de montées de chaleur désagréables. Tranquillement nous croquons les fruits posés sur la table : bananes, ananas et mangue. On déguste le café costaricain que Carmen a si gentiment préparé et nous planifions ensemble l’horaire de notre journée de sortie. Au Québec, on dirait : « On s’en va sur un no-where… ». Autrement dit, on s’en va à tâtons.
On prend la route dans la vieille guimbarde louée et on file vers Palmar Norte puis vers Sierpe en bordure de la rivière du même nom. Chemin faisant, Carmen nous donne un complément d’information sur le village de Palmar et l’industrie de la banane qui y était florissante. Tout au long de la route, nous observons les anciennes maisonnettes des planteurs et celles des contremaîtres. Disons qu’il y a une différence marquée dans la qualité des demeures. Les vieux ateliers mécaniques délabrés, les entrepôts de bananes désuets et l’aéroport, dont je vous ai déjà parlé. C’est vraiment toute une époque qui est disparue quand la United Fruit a fermé ses portes. C’est aussi toute une collectivité de femmes et d’hommes pauvres qui a vu le jour au lendemain de cette fermeture guidée par les règles du capitalisme. Avec l’absence d’un filet de sécurité sociale adéquat à l’époque, imaginez le drame. En voyant les restes du passé dans ce décor du présent, lequel appartient tout entier maintenant ce peuple digne et fier de ne pas avoir courbé l’échine, je pense à certaines de nos villes au Québec quand une entreprise américaine décidait de tout fermer plutôt que de négocier avec les travailleurs une amélioration de leurs conditions de vie. Je pense à Noranda Mines, à Asbestos, à la CIP, etc. La fin de l’esclavagisme n’est pas si loin de nous quand on y pense.
Tout au long de la route, les palmiers ont remplacé les bananiers, quoique nous puissions voir de nouvelles plantations de bananes réapparaître timidement comme si on ne voulait pas que le retour de cette culture réveille un lourd passé. À Sierpe, nous relisons les informations du guide Lonely Planet. C’est confus. Selon les propriétaires de taxis d’eau, il est impossible de se rendre dans le Parque Nacional Corcovado à moins de prendre un forfait de deux jours. On nous offre plutôt une ballade dans les mangroves. Nous sommes déçus. Faire du bateau pour du bateau, ce n’est pas mon but ni celui de Diane. Nous avons déjà visité les mangroves avec Jaime et nous ne voulons pas refaire la même chose. On cherche une solution de rechange. On cherche un bateau-taxi privé qui pourrait, à un coût raisonnable, nous amener au parc. On en trouve un, mais j’avoue que mon espagnol ne me permet pas de déchiffrer toutes les subtilités de la discussion. En gros, voici ce que nous avons compris en unissant nos connaissances de l’espagnol : 30 $ par personne, une heure de bateau sur la rivière, visite au passage des mangroves et puis on se dirige vers le parc où nous sommes libres d’aller nous balader pour deux heures. Vendu !
Le bateau est confortable et les chauffeurs fort sympathiques. Carmen se débrouille bien en espagnol et ainsi nous pouvons assimiler, tout au long du trajet vers la mer, les informations en espagnol qui transigent par elle, car nous n’avons qu’une vague idée de notre destination. On nous débarque sur une plage, à Drake. C’est ordinaire. Il y a surtout des hôtels et des maisonnettes de ticos qui travaillent dans le secteur touristique, les oiseaux sont rares à cette heure, les sentiers ne servent qu’à se rendre d’un établissement à un autre. Diane a très chaud. Mais bon, faut faire avec. À la fin du trajet, on s’installe dans un magnifique hôtel, tout au bout de la baie de Coronado pour prendre l’apéro avant de repartir. L’objectif n’est pas atteint. Je sens que Bernard et Diane s’attendaient à plus. On s’arrête pour dîner au quai où nous avions pris le bateau-taxi. Excellent dîner, faut le dire. Mon ceviche est excellent et la vue sur la rivière est spectaculaire. En effet, la Sierpe retourne à la mer, car c’est la marée descendante. Voir toutes ces jacinthes d’eau filer devant nous yeux est unique. Puis je ne vous parlerai pas de la vache à la dérive, la photo vous dira tout. On revient donc au Diquis tous épuisés d’avoir pris autant de vent et de soleil en une seule journée. En arrivant, Diane va récupérer à l’air conditionné de la chambre et s’assoupit. On ne soupe même pas. On grignote à peine. Je m’installe à l’ordinateur et je mets à la lecture de mon livre. J’en terminerai la lecture vers une heure et demie du matin.
JEUDI, le 14 février
Bonne Saint-Valentin à toutes et tous. Je devais faire de la plongée ce matin. Plusieurs touristes ont cancellé leur confirmation. C’est donc remis à samedi. Ça fait un peu mon affaire. Le ciel est quelque peu nuageux et de toute façon, nous avons invité les filles à souper en compagnie de Bernard. Marie-Hélène quitte demain pour le Mexique. Ce sera donc un souper d’adieux. Au menu, mon fameux spag aux épinards.
L’après-midi nous a laissé la place à des orages et de la pluie. Une première depuis notre arrivée au Costa Rica. Nous passons quelques moments dans la piscine tellement le temps est lourd. Nous y rencontrons un couple sympathique de Sorel dont une grande partie de la famille a un pied à terre dans le secteur que nous habitons. Il fait lui-même de la plongée sous-marine. Il est partant pour m’accompagner samedi prochain et nous planifions une journée ensemble pour aller à la pêche en haute mer la semaine prochaine. Un couple bien sympathique.
Quelques petites emplettes à l’épicerie du coin et je me mets à la préparation de souper. Ah, mon spag aux épinards. Quel délice ! Bernard en sera à sa deuxième expérience. Faudrait bien que je lui demande s’il y a une certaine constance dans ma recette. Après tout, je travaille avec des ingrédients costaricains. Je crois tout de même que mes invités en seront satisfaits. Une bonne averse nous tombe dessus vers 17h00 avec du tonnerre et des éclairs. Le temps est chaud, très chaud. Je continue la lecture de mon livre Conversation avec Dieu qui me fascine d’ailleurs. Décidément, je vous le conseille à toutes et à tous.
18h15, j’entends ¡ Hola ! Une petite pluie fine tombe, mais ça n’empêche pas nos invités de se pointer à l’heure. Apéro de circonstance : un bon rosé espagnol, des croustilles du pays franchement bonnes, des crottes de fromages et des oreilles de christ très acceptables. Puis on placote, discute et jacasse. Quel agréable climat ! Il a fini de pleuvoir, il fait autour de 25,30oC. Sans contredire Bernard, je dirais qu’on est plus près du 30oC et nous savourons cet excellent rosé sur notre terrasse avec de nouveaux amis forts agréables.
Il est temps de souper. La sauce est déjà prête, le spag aussi. Je sers. J’ai hâte de voir leurs réactions. Excellent ! Très bon ! Mon égo est flatté. Ma sauce reste sans contredit la meilleure des sauces à spag aux épinards. Vous voulez la recette ? Écrivez-moi.
On savoure, on placote, on s’obstine… Bref, une vraie soirée de québécois. Il faut dire que nous sommes avec deux enseignantes. C’est difficile d’avoir le dernier mot avec elles. Je les taquine, mais il faut avouer qu’elles savent débattre d’un sujet qu’elles connaissent bien comme l’éducation au Québec.
Au dessert, j’avais envie de servir des tranches de bananes sur une crème glacée du pays arrosées de sirop d’érable du Québec. Lorsque je fais la proposition, Carmen me demande si les bananes sont flambées. Je n’ai jamais flambé de banane pas plus que j’ai flambé de café espagnol. Et pourquoi ne pas les flamber au rhum du pays ? Alors spontanément je réponds oui. Flambées ces bananes, elles le seront. Je les fais revenir dans un peu de beurre et un peu de sirop d’érable. Puis j’ajoute une once de cognac, j’allume le briquet et voilà mes premières bananes flambées. Nappées de crème glacée à la vanille et d’un peu de sirop d’érable elles disparaissent rapidement. Un délice me dit-on.
Et on continue à placoter. Par cette soirée de la Saint-Valentin. C’est très charmant comme ambiance. On se quitte vers 9h30 repus et contants. Nous, nous sommes déjà à la maison, mais Bernard a une petite trotte à faire et les filles demeurent encore plus loin. Mais disons qu’ici ce n’est pas la Sainte-Catherine de Montréal. C’est plus sécuritaire. Ici le soir, ce que vous entendez dehors, ce sont trois choses : le bruit des vagues, le chant des criquets et celui des engoulevents. Tout est calme dehors. On a vraiment l’impression d’être ailleurs. Bonne nuit. Je file, le temps de me brosser les dents et de penser nos projets pour demain.
VENDREDI, le 15 février
Plus besoin de réveil matin, ni de l’aide d’un ami. On est presque synchronisé 6h30. Ce matin, gros déjeuner, car on a une balade d’une centaine de kilomètres en auto vers le Panama pour le Parque Nacional Pidras Blancas plus précisément pour les sentiers qui entourent l’Esquinas Rainforest Lodge. Un endroit que nous avons découvert, il y quelques semaines, mais faute de temps, on avait dû renoncer à explorer les sentiers. On décolle donc avec nos lunettes d’approche, l’appareil photo et Bernard, bien entendu. Bernard et Diane ouvrent normalement la marche et je suis derrière afin de saisir les preuves de leurs observations. Ma foi, on forme un bon trio.
Donc une heure et demie de voiture à cause des quelques chantiers de rénovations sur les routes. Le Costa Rica est un grand chantier de construction et les routes n’y échappent pas. Juste avant d’arriver à destination, dans les prés qui bordent la route ça bouge de partout. Beaucoup d’oiseaux. Alors, on prend tout notre temps. On a toute la journée.
On se balade dans quelques sentiers avec un succès mitigé. Arrivés près d’un petit lac, Diane et Bernard font quelques belles découvertes, des « lifers » encore une fois. Ils finiront l’avant-midi avec chacun 5 « lifers ». Sur le chemin du retour nous arrêtons dîner à Palmar dans un restaurant que Bernard a découvert il y a quelque temps. Tiens,il s’appelle El Diquis. Genre fast food avec un menu très élaboré. Ça va de la pizza aux fruits de mer en passant par les steaks et quelques spécialités costaricaines. Et les prix sont la moitié de ceux du Québec.
Au retour au Diquis, Diane démissionne et se retire à l’air conditionné dans notre villa. Bernard et moi, nous décidons d’aller à la mer. C’est magnifique. Avec ma planche, je m’en donne à cœur joie dans les vagues qui annoncent la montée prochaine de la marée. Puis un arrêt à l’épicerie et enfin, un bon petit rhum sur la terrasse et lecture tranquille de mon livre. La vie pourrait être pire… Pura Vida…
SAMEDI, le 16 février
On récupère de la journée d’hier. À 7h00 j’ouvre un œil, mais comme Diane ne bouge pas et que le ciel semble gris dehors, je le referme. Trente minutes plus tard je suis tout à fait réveillé. Je sors du lit et je pointe le nez dehors. Il fait doux : moins de 30oC. « Un café Carlos ? ». C’est toujours oui…
Je sors mes fruits, la planche à découper et je coupe et je pèle. Une bonne assiette bien garnie de fruits frais. Hum, quelle façon de débuter la journée. Et le café ici au Costa Rica c’est sacré. On chauffe un peu ou beaucoup de lait. On percole le café et on verse. L’arôme qui se dégage dans la cuisine quand on ouvre le sac de café suffit pour vous réveiller de bonne humeur.
Assis sur la terrasse, nous mangeons nos fruits aux chants de nombreux oiseaux qui virevoltent autour de nous tout en observant dans les grands arbres qui bordent le terrain de gros oiseaux qui s’y perchent. La fraîcheur a fait lentement place à la chaleur. La journée sera humide et chaude. Je ne l’aurais pas cru à 7h00.
On se dirige vers la villa de Bernard pour qu’il nous fasse visiter les alentours. Question d’explorer le potentiel ornithologique de son nouvel habitat. La visite n’est pas des plus fructueuse. C’est vrai qu’il se fait tard (9h30 am) et comme c’est un grand terrain ouvert, les oiseaux ont sans doute préféré la fraîche des bois à la chaleur d’ici. Il faudra se reprendre plus tôt la prochaine fois, ce qui viendra bien assez vite, croyez-moi. Il fait chaud. Le seul endroit intéressant pour moi : la piscine. Après avoir pris mes nombreux messages courriels, je suis tout au fond de la piscine à tenter de faire baisser la température de mon corps. Quand j’en ressors, Jean-François qui passait pas là, me fait une remarque du genre : « À défaut du fond de la mer, tu te contentes du fond de la piscine ». À quoi je répondre. « Mais non, je plonge lundi… ». Pince sans rire ce Jean-François, mais je crois qu’un jour il va essayer ça la plongée en mer. C’est un gars qui n’a pas peur de plonger en affaire. 1 à 1 J-F….
En après-midi, alors que le besoin de roupiller me prend tout à coup les gars (Bernard et J-F ) m’invitent à la mer. Ils veulent me faire découvrir une nouvelle plage : Playa Hermosas. Quelle belle plage ! Je ne regrette pas ma sieste. Longue de quelques kilomètres cette plage est déserte ou presque. Quelques touristes et chicos sont installés ici et là sous les palmiers. Avec ma planche, je m’en donne à coeur joie dans les vagues. Un bel après-midi.
Je refais ma fameuse recette de crevettes piquantes (crevette rugantino) pour souper ce soir. Elles sont excellentes et que dire du riz. Je devrais en amener une poche de 100 livres avec moi. Maudit qu’il est bon et savoureux.
Bon, là-dessus Bernard passe à la maison, afin d’identifier les oiseaux que j’ai photographiés depuis trois jours. C’est un vrai plaisir de voir Diane et Bernard à l’œuvre. La prochaine fois je prends une photo quand ils examinent les photos d’oiseaux sur le PC pour découvrir tous les indices possibles qui vont les amener à déterminer officiellement l’identité de l’oiseau qu’ils ont observé. Je vous le promets.
Là-dessus, je vous souhaite une très belle semaine. Il ne nous en reste que deux ici. Sacrifice que ça passe vite. Comme le disait J-F c’est sans doute parce que nous nous sommes bien adaptés que le temps passe si vite au Costa Rica. Il a sans doute raison. Bonne nuit et Pura vida de Ojachal.