DIMANCHE, le 3 février 

Levé tôt comme d’habitude. Vous en prenez l’habitude me diriez vous. Machinalement, je me dirige vers la cafetière. Mon premier réflexe le matin, c’est d’ouvrir la pochette de ce fameux café costaricain et de sentir son arôme. C’est aussi agréable que de le boire. Puis, quand le café commence à percoler, j’ouvre la porte de la terrasse pour saluer Diane, qui est debout depuis une grosse heure. « Pis, à matin, de nouveaux oiseaux ? » À lire le sourire qu’elle a aux lèvres, elle a vu quelques choses. « Regarde dans le grand arbre là-bas, tout en haut ». C’est l’arbre où se perchent souvent en avant-midi de grands oiseaux comme les aras. « C’est quoi ? ».  « Un White necked-pufbird ». Un autre « lifer ». Click, click, click ça prend une preuve pour notre ami Bernard. Ce matin, avec Bernard et deux de ses amies, qu’on prend à 10 h au dépanneur, nous nous rendons aux cascades d’Ojochal, et hop dans l’eau fraîche (brrrr) de la cascade. Et le meilleur, c’est que Bernard croise dans le stationnement des cascades un guide ornithologique costaricain professionnel. Il fait ce travail depuis 20 ans et s’exprime très clairement en français. Et que se passe-t-il quand deux et, pire, trois ornithologues se rencontrent ? Ça parle d’oiseaux qu’ils ont rarement ou jamais vus et qui aimerait bien voir. Où faut-il aller pour les voir ? C’est là que Diane apprend que le fameux pufbird est un de ces oiseaux très rares. Le guide qui fait ce travail depuis vingt ans ne l’a observé que deux fois. (Voyez plutôt la photo de l’oiseau rare sur le blogue)

Comme nous avons reçu la version finale du manuscrit hier, Diane et moi avons beaucoup de lecture à faire. Le document doit être lu pour dimanche soir. 300 pages de lecture rapide quoi. Je m’y suis mis très tard hier soir et j’en complète la lecture ce matin. Diane le lira après. J’aurai lu ce livre, si on considère la lecture des chapitres reçus à la pièce, au moins 5 fois.

La promenade aux cascades nous permet de renouveler avec ce magnifique lieu naturel et avec deux filles fort sympathiques qui sont des amies de Bernard. L’une est enseignante à la retraite qui s’est fait construire une maisonnette au Costa Rica et l’autre, aussi enseignante en biologie, a pris une sabbatique de six mois pour faire un long voyage. Elle est ici pour un mois puis elle quitte pour le Mexique. Nous les initions à l’observation d’oiseaux et elles sont fortement intéressées par cette activité. Petit dîner tranquille chacun chez soi. Après la sieste, je reprends les filles et Bernard pour une après-midi à la plage. Que de plaisir avec ma planche ! Les vagues sont magnifiques et j’essaie d’initier une des filles à cette activité. Le temps est merveilleux. Après quelques heures passées à la baignade, nous nous dirigeons vers la plage de Tortuga pour le coucher de soleil. Évidemment, les oiseaux nous accrochent au passage et on en oublie le coucher de soleil. C’est la frénésie. Il y a des oiseaux partout : parulines, grimpards, oiseaux-mouches, etc. Comme si ces oiseaux avaient un besoin pressant de prendre quelque nourriture avant de se coucher. Bernard me quitte pour rejoindre les filles sur la plage avec une sage parole : « Je suis trop étourdi par tous ces oiseaux ».  Je le suis un peu, mais ma caméra en redemande encore. Je clique à droite, puis à gauche, en haut, de côté….Il y en a partout et de plusieurs espèces. Tout un spectacle. On revient au coucher du soleil. Une très belle journée. Le souper m’attend. En arrivant au Diquis, Diane qui ne nous a pas accompagnés cet après-midi est occupée à la relecture du livre. Je la laisse donc à sa lecture et je prépare le souper : mérou sauce à la moutarde et à l’ail en plat principal. Ce sera un succès d’ailleurs. Là-dessus, bonsoir.

 LUNDI, le 4 février

Journée tranquille : balade en forêt, observation d’oiseaux et retour sur le livre. Le manuscrit doit être remis aujourd’hui à l’éditeur, alors on fignole les derniers détails, les dernières modifications. La journée se passe ainsi : oiseaux, clavier, piscine, soleil, publication de la 4e semaine sur le blogue. Mon Dieu que ça passe vite, déjà la moitié de nos vacances d’écoulée.

Soirée tranquille. On a enfin des nouvelles de notre fils Christian. Il n’est pas un « écriveux » celui-là. Souper tranquille et dernier fignolage au texte du livre.  Puis, tout doucement, le sommeil nous gagne.


MARDI, le 5 février

Copie carbone de la veille. Dernière communication avec Jean Couture sur un mot qu’on ne s’entend pas encore à utiliser. Comme le livre sera vendu en France, il faut que le vocabulaire utilisé puisse traverser l’océan. Bon à 14h30, le 5 février, on s’entend sur ce dernier mot.

Diane est dans la popote et moi je suis aux nouvelles du Québec. Il y avait une semaine que je n’avais pas suivi l’actualité. Pas grand-chose de neuf. Je prends mes courriels régulièrement. Ce matin, plusieurs messages de Jean Couture sur ce fameux mot. Un message d’un journaliste de Sherbrooke qui voudrait recueillir mes commentaires sur le jugement de la Cour suprême du Canada qui rendra sa décision jeudi concernant la requête du meurtrier de Julie pour un nouveau procès. Une demande d’entrevue du Journal de Montréal sur mon livre. Il aimerait en citer certains passages. Oups, j’envoie ça aux Éditions de l’Homme, ils vont s’en occuper. Demande de conférence dans une polyvalente, une autre pour un groupe d’hommes d’affaires et enfin une autre pour un groupe communautaire.

Il fait très chaud aujourd’hui, le thermomètre avoisine les 40oC. Faut pas trop traîner au soleil. C’est justement le bon temps pour la piscine alors. Faut garder nos énergies, demain, nous faisons une sortie de plusieurs kilomètres en montagne afin de voir un quetzal.

Entre temps je fais une petite balade pendant le temps que Diane popote. Appareil photo en main je suis toujours à l’affût d’une belle prise pour vous faire voir. Nous avons 4 ou 5 circuits autour du Diquis que nous empruntons tous les jours, tôt le matin et souvent l’après-midi, j’essaie d’en découvrir des nouveaux quand je suis seul. Ici les routes sont comme une toile d’araignée, elles vont dans tous les sens.  Avec des vallons, vous montez et vous redescendez constamment. La première semaine, nous tirions un peu la langue, mais après un mois, les mollets se sont endurcis et on fait entre 5 et 10 kilomètres par jour. Une température comme aujourd’hui où ça frisait le 40oC au soleil, vous avez avantage à partir tôt, sinon le retour est suant. L’après-midi, vous êtes certain de revenir avec un peu plus de fraîcheur. Ouma la chienne m’accompagne ce soir. Elle adore nous suivre et faut dire que c’est une très bonne chienne. Très douce et docile, dès qu’on arrive à la rivière après quelques kilomètres de montées et de descentes, pour elle c’est la baignade. Elle s’écrase dans l’eau quelques minutes pour se rafraîchir. Je prends de dizaines de photos d’oiseaux ou de paysages et avec ou sans Diane, au retour, elles se retrouvent sur l’écran de notre ordinateur pour savoir si on a des nouveaux oiseaux à notre palmarès. Au passage, on croise souvent des résidents en camion et ici, c’est un geste instantané, on se salue de la main comme si tout le monde se connaissait. Ça me rappelle le temps où je faisais de la moto, c’était une habitude chez les motocyclistes que de se saluer de la main lorsqu’on se croisait sur la route comme si nous formions une grande famille. En parlant d’autos, ici c’est le camion léger qui est roi. Au Québec, je crois que la proportion voiture/camion est de 1 pour 4 alors qu’ici c’est l’inverse. Avec les routes majoritairement gravelées, c’est indispensable pour ne pas s’enliser en période de pluie ou traverser les rivières lorsqu’il n’y a pas de pont.

Vers 17h00, c’est le passage des perroquets en groupe dans le ciel. Ils volent vers leurs dortoirs préférés. À l’occasion, ils se posent dans un arbre et nous pouvons assister à un très beau spectacle. C’est aussi l’heure ou les fleurs de certains arbres répandent des parfums très enveloppants et ça sent bon en titi. Certains de ces parfums me font penser à la vanille. L’ylan ylan  du côté du rancho dégage un parfum capiteux et envoûtant.  C’est presque thérapeutique. En vous écrivant en ce moment, j’ai devant moi un magnifique coucher de soleil aux teintes des plus beaux orangés qui vireront au rouge bientôt. Voilà pour les détails sur nos petites balades quotidiennes. Je vous reviens demain avec le récit de notre visite au Parque national de Los Quetzales, à San Gerardo de Dota, presque à mi-chemin entre Ojochal et San Jose.

Bonne nuit à tous nos amis qui nous lisent.

MERCREDI, le 6 février

La journée du Parque Los Quetzales: levée à 6h00, petit déjeuner complet, la journée sera longue. Nous prenons Carmen et Marie-Hélène. Elles sont tout aussi empressées que nous de prendre la route et espèrent, elles aussi, voir un quetzal. Nous avons plus de 100 km à faire. C’est un départ ! Le trajet passe par Domical, puis prend la direction de San Isidro. Tout va bien cette route est pavée à neuf pour plus de la moitié. La voiture s’essouffle dans les montées raides et la transmission est aérée (!) En effet, l’enveloppe de la base du bras de transmission est absente. Nos pieds cuisent sous la chaleur qui entre par ce trou. Une bonne vieille « picouille » qu’il vaut mieux ménager.  Puis à San Isidro, on prend la route vers San Jose, la Interamerica. Là ça ralentit. La route est très sinueuse et pleine de gros camions. Les dépassements sont difficiles, voire toujours risqués. Puis au somment des montagnes, à près de 2 000 mètres, nous prenons la route de San Isidro de Dota. Une descente dans la vallée de plus de 8 km. Diane n’apprécie pas, surtout que la route est tortueuse avec des virages en épingle, très étroite, sans accotement et ça descend, croyez-moi. J’adore, mais Diane ne partage pas mon enthousiasme. Le décor est superbement époustouflant. Arrivés en bas, nous découvrons une très belle vallée, remplie de fleurs et d’arbres fruitiers très variés. La température est beaucoup plus fraîche, soit autour de 24oC. Diane trouve cette température idéale et c’est vrai que pour entreprendre notre marche dans le parc, c’est idéal. On aura mis trois heures pour faire le trajet. Il faut donc repartir vers 15h00 afin de franchir les montagnes de San Isidro à la clarté.

Nous entreprenons l’excursion par le premier passage d’une passerelle faite d’un gros tronc d’arbre aplani sur le dessus. Arrivé de l’autre côté de la rivière, je vois bien que Diane et les filles placotent avec des touristes. J’aperçois un homme dont je connais bien le visage. C’est Michel Auger, le journaliste des affaires judiciaires du Journal de Montréal. Évidemment, quand j’aboutis de l’autre côté de la passerelle pour rejoindre le groupe, il me reconnaît. On se lance un grand sourire et on serre la pince. On trouve la situation à la fois cocasse et exceptionnelle. Se retrouver avec un journaliste du Québec qu’on a côtoyé dans le fond d’une vallée au Costa Rica. Faut le faire. Michel est maintenant à la retraite et agit comme interprète pour un groupe de français dont le guide ne parle qu’anglais et espagnol. Il nous dit avoir vu des Quetzals le matin près de la grande pisciculture de Dota. D’habitude, ils y sont le matin et en fin d’après-midi. Super ! Merci pour l’information. On y sera.

On poursuit notre marche vers les premières cascades. Chemin faisant, nous n’avons pas assez de nos deux yeux, je dirais de nos huit yeux pour observer les oiseaux qui sortent ici et là pour nous montrer leurs plus belles couleurs. Marie et Carmen s’initient à l’ornithologie et elles ont trouvé un bon prof en Diane.  Les premières cascades nous offrent un très beau décor et les sentiers sont bien aménagés avec passerelle, escaliers et lieux d’observations. D’autres sentiers sont typiquement accrochés aux parois des montagnes, mais très sécuritaires. J’imagine ces premiers Espagnols qui découvraient ces régions il y a de ça 400 ans. Ils ont dû emprunter les mêmes sentiers en bordure de cette rivière pour savoir s’il s’y cachait un trésor quelconque. On adore l’endroit. C’est magnifique et magique. Dire que Bernard a préféré ne pas nous accompagner. Il le regrettera sans doute quand nous lui décrirons les scènes naturelles qui s’offrent à nous.

Arrivés aux premières cascades, car nous n’irons pas plus loin, les chutes se trouvant à 2 km de là, nous n’aurons pas le temps de nous rendre. Nous prenons une pause et quelques poses.  Il y a une petite chute qui se fraie un chemin entre deux gros rochers. Faut dire que le paysage est magnifique. Il est presque midi, nous rebroussons chemin pour aller prendre le repas du midi à l’hôtel chic de la place. Sur le chemin du retour, les filles me précèdent et quand nous retraversons la première passerelle, celle du tronc d’arbre, j’observe deux oiseaux qui sont sur le bord de la rivière. Je prends quelques photos et je siffle Diane déjà de l’autre côté et lui fait signe. Je lui pointe les deux oiseaux que je vois batifoler dans l’eau. Je ne peux l’entendre à cause du bruit que le cours d’eau fait, mais je note bien qu’elle est complètement attentive à ces deux oiseaux. Alors, je prends toute sorte de poses, dont une quand un des poissons attrape un petit méné avant de se l’offrir en repas du midi. Je reviens sur l’autre rive rejoindre les filles et Diane s’écrit : « Je l’ai enfin vu mon American dipper ».  Bon… et puis. Elle m’informe que ça fait plusieurs années qu’elle rêvait de voir enfin cet oiseau rare. Chaque fois qu’elle longeait un cours d’eau en montage, elle cherchait à voir cet oiseau. En prime, elle a pu le voir capturer le petit méné. Son voyage vient de prendre toute sa valeur même si on ne voit pas de Quetzal.

Parlant de cet hôtel chic, les propriétaires protègent leur terrain afin d’y attirer le plus d’oiseaux à observer. C’est une espèce de réserve privée. Ils ont planté des pommiers et des avocatiers, le fruit préféré des Quetzals. Sur l’heure du dîner, nous avons tout un spectacle. Plusieurs mangeoires à colibris sont installées ici et là et c’est un va-et-vient constant de ces minuscules oiseaux qui défendent avec agressivité leur butin. Diane réussira à en identifier plusieurs espèces dont la plupart sont des « lifers ». Après dîner, nous prenons une marche dans les alentours afin de découvrir les lieux magnifiques et d’autres oiseaux à observer.

 Bon, je fais signe aux filles que l’heure file et si on veut revenir avant la noirceur, il faut consacrer l’heure qui nous reste à tenter d’observer un Quetzal. On se déplace donc vers la pisciculture et nous nous installons à peu près où Michel Auger nous a indiqué où il en a vu le matin même de notre arrivée.

On regarde, on cherche. Diane observe un pic qu’elle n’avait jamais vu. Vous m’excuserez de ne pas vous citer son nom, mais il est en photo sur le blogue de cette semaine. Puis, j’entends un grand « Ah, il est là ». C’est évidemment Diane avec son œil de lynx qui vient de voir pas un, mais deux Quetzals. Un troisième se joint bientôt à eux. Et là, c’est la frénésie. Je n’arrête pas une seconde. Quel bel oiseau (il est dans l’album) ! Les filles sont émerveillées. Je crois bien que l’ornithologie vient de les séduire. Le prochain achat qu’elles feront pour leurs voyages à venir sera une bonne paire de lunettes d’approche. Une fois les ah et les oh passés, il faut se persuader de reprendre la route. Heureusement que le départ des Quetzals aide à prendre la décision.

On remonte donc les 8 km casse-cou. La route n’est pas large, le camion en arrache et la rencontre de quelques véhicules m’oblige à exercer tous mes talents de conducteur de montagne. De la conduite sportive vraiment. Sur le chemin de retour, dans les montagnes, un gros orage nous surprend subitement. Il pleut, une vraie pluie des tropiques. Pire, on a même droit à de la grêle. C’est vrai qu’à ces hauteurs, tout est possible. Redescendu sur San Isidro, c’est plein soleil. On mettra un peu moins de temps pour le retour. Je suis découragé déjà pour les centaines de photos que Diane et moi devrons classer demain, mais le voyage en valait la peine. Dieu qu’il est beau le Costa Rica.

Au retour, en soirée, Bernard s’est pointé à notre logement. Était-ce pour nous raconter sa journée ou voulait-il en savoir plus sur la notre? Je vous laisse deviner la vraie raison. Mais, ce fut un plaisir de lui en parler et lui mettre l’eau à la bouche pour le persuader d’aller lui-même observer et découvrir les lieux et les oiseaux. Nous lui promettons, presque, de refaire l’excursion avec lui et de partir deux jours avec une nuitée là-bas, c’est obligatoire si on veut prendre son temps pour tout voir et tout explorer. Épuisés, on se met au lit vers 10h30 après avoir partagé notre expérience avec Bernard autour d’un petit verre de vin blanc. Los Quetzales, nous nous reverrons un jour !!! Bonne nuit.

JEUDI, le 7 février

On s’est levé un peu plus tard. Diane à 7h00 et moi à 7h30. Je n’ai pas dit à Diane que la Cour suprême du Canada rendait sa décision aujourd’hui  quant à la demande de l’assassin de Julie d’un nouveau procès. Je ne voulais pas l’inquiéter inutilement, ces informations nous arrivent bien assez vite maintenant par Internet et nous n’avons aucun contrôle sur celles-ci.

Petit déjeuner aux fruits, sur notre terrasse à l’ombre. Nous prenons notre marche matinale quotidienne, mais les oiseaux sont loin de ma préoccupation. Serait-ce la dernière porte que nous fermerons dans l’affaire de l’assassinat de notre fille ? Nous en avons tant fermé de ces portes depuis maintenant presque 6 ans, mais un criminel a toutes les clés pour les rouvrir à votre insu. L’enquête policière, l’enquête préliminaire, le procès, l’appel en Cour supérieure. Il me semble que’on leur accorde bien des droits à ces criminels qu’on ne punit pas assez sévèrement et qu’on libère après si peu de temps fait en détention malgré des crimes graves.

La décision tombe et c’est Renée qui me remet un petit papier avec la note : « Demande rejetée »… Ouf, enfin ! C’est terminé et Julie et la famille peuvent dormir en paix. Nous pourrons nous consacrer entièrement à notre mission sans avoir au-dessus de la tête cette épée de Damoclès que le système judiciaire permettait à ce criminel de maintenir, à nos frais. Et ce sont les entrevues qui se succèdent par téléphone évidemment. Je m’étais engagé à le faire avant notre départ, si la décision tombait pendant notre séjour au Costa Rica.  J’ai un grand respect pour les journalistes avec qui je traite. Sans eux, sans leur présence dans notre combat depuis 3 ans, jamais nous en serions là où nous en sommes aujourd’hui. Vers 16h00, ça s’est calmé. J’ai commencé à respirer.

J’ai reçu le calendrier des activités médiatiques pour le lancement de mon livre en avril. Avec le show de Sherbrooke et le spin-o-ton de Québec…, je serai  très occupé. On va profiter du mois qui reste pour faire pas seulement le plein, mais pour se faire des réserves.Voila pour cette journée fort médiatisée au Québec sur la décision de la Cour suprême. Elle s’est rendue jusqu’ici comme vous pouvez le constater. Je termine. Demain, nous avons planifié, avec les mêmes adeptes de l’ornithologie, une excursion vers Rio Claro. C’est près du Panama. Une autre grosse journée. On aura le week-end pour s’en remettre. À demain avec mon récit de nos découvertes. On vous aime beaucoup. Merci de votre appui indéfectible.

 VENDREDI, le 8 février

Grosse, grosse journée qui nous attend et beaucoup, beaucoup d’oiseaux. Avant de prendre la route, nous récupérons le sac à dos et les jumelles de Bernard, oubliés chez Carmen et Marie-Hélène où il a soupé hier soir. Chemin faisant, nous croisons, Francine, col blanc à la retraite et voisine des amies de Bernard. Elle s’est fait construire une jolie petite demeure (voir photo).  Nous promettons à Marie et Carmen de venir prendre le rosé vers 16h00 samedi ou dimanche afin d’observer le passage des oiseaux en fin de journée. Leur emplacement semble idéal pour cela et selon leurs dires, les oiseaux sont très nombreux.    

Nous nous dirigeons, Diane, Bernard et moi vers le Panama, plus spécifiquement en direction de la ville de Rio Claro. Nous étions à une trentaine de kilomètres du Panama. Une bonne trotte. Après avoir tourné en rond pour trouver le site qui nous intéressait, nous sommes enfin arrivés dans une espèce de réserve privée, nommée Paradise Garden comptant je ne sais plus combien de plantes, des centaines, sinon plus d’un millier. Le père, sa fille et son fils habitent et exploitent cette propriété depuis 22 ans. Son épouse est décédée en 2003 et a été ensevelie au milieu de ce magnifique jardin. Ils sont originaires du Maine, USA. Ce sont un peu nos voisins quoi. Ils ont donc développé un tour guidé de leur propriété et font découvrir les plantes qui y poussent et leurs vertus thérapeutiques. Très intéressant pour en connaître plus sur le Costa Rica et sa flore, mais les revenus de l’exploitation de sa propriété viennent principalement la récolte abondante des fruits des palmiers. C’est une espèce de noix, qui pousse en grosse grappe et qu’on détache du palmier au moyen d’une longue tige d’aluminium équipée d’un couperet à son extrémité: semblable à cette grande tige de métal qui sert à tailler les branches des arbres très hautes chez nous. Le palmier donne des fruits tous les six mois. Avec ces noix de palmiers, on fabrique évidemment de l’huile de palme, mais avec la montée vertigineuse du prix du pétrole, une grande partie des récoltes sert maintenant à la production de diesel.

C’est le père qui nous a fait visiter la propriété. Il a une personnalité bien spéciale, intéressant comme bonhomme, mais sa fille doit avoir des connaissances plus scientifiques qu’empiriques. Ce que je veux dire, c’est qu’il nous présentait davantage les plantes qu’il nous parlait de leurs bienfaits. Tout de même, c’est une visite fort intéressante dans la mesure où on découvre qu’au Costa Rica, il y a à peine 200 ans, ce n’était que la forêt vierge avec quelques plantations de fruits. Beaucoup ont été exportés d’à travers le monde. Aujourd’hui, c’est un pays qui regorge de richesses végétales impressionnantes. Et ça pousse vite, croyez-moi.

Après les salutations d’usage et photos pour notre album, nous quittons pour le Parque Nacional Piedras Blancas qui se situe à une dizaine de kilomètres de là. Nous projetons prendre le dîner à Esquinas Rainforest Lodge. Caché dans les profondeurs de la jungle costaricaine, ce Lodge est situé au cœur du parc national. C’est un territoire de plusieurs milliers d’acres de forest vierge du sud du Costa Rica. D’après nos lectures, ce complexe hôtelier fait partie d’un projet écotouristique liant l’Autriche, l’université de Vienne et le pays. On comprend pourquoi il est fréquenté surtout par des centaines d’amateurs de nature, des chercheurs, des étudiants et qu’il est surtout  réputé pour l’observation des oiseaux. C’est un magnifique endroit, mais nous sommes tout de même conscients qu’à l’heure où nous arrivons, ce n’est pas la période idéale de la journée pour faire de l’ornithologie, à part que dans les livres !!!

Au dîner, à quelques mètres de notre table, deux colibris visitent les fleurs près de notre table. Des « lifers » pour Diane et Bernard. Mes oiseaulogues sont pressés de partir explorer. On se dirige donc vers des sentiers aménagés et encore, deux  autres « lifers »; des espèces de sous-bois cette fois. Le temps nous presse, Bernard travaille à 15h30. On regrette déjà de devoir quitter si tôt. Le soleil tape et contrairement à notre visite pour observer les Quetzals cette semaine, où le temps était frais, ici ça frise le 40oC au soleil. On revient tout doucement à Ojochal pour 16h00. On est tous épuisés. La piscine sera la bienvenue. Ce qui est fait dès qu’on met les pieds au Diquis.

Bernard passe prendre l’apéro et sur le PC, Diane et lui identifient les oiseaux observés de la journée dont j’ai réussi à prendre une photo. Ça aide vraiment, car à la quantité d’oiseaux observés ici, si on n’avait pas ces images sur l’ordinateur, on se perdrait en confusion sur chacune des nombreuses caractéristiques à la base d’une identification juste et rigoureuse de ces petites bêtes. Souper de pâtes, sauce poulet à la  King  de Diane et petit vin blanc du Chili. Je termine la lecture du roman que j’avais entrepris cette semaine, intitulé « Le dernier juré ». Très bon, je vous le conseille. Et puis je m’endors sur la dernière phrase du livre.

SAMEDI, le 9 février

Ouf ! 8h12… j’ouvre un œil. C’est le matin où je me suis levé le plus tard. Diane est debout depuis des heures. J’ai eu l’impression que le lit bougeait vers 7h00, mais je n’ai pas eu le courage de me lever. La journée d’hier m’a donné un coup de pompe. La chambre à coucher est climatisée et quand j’ai mis les pieds dans la salle à dîner, laquelle fait aussi office de « living », la chaleur qui y régnait déjà, si tôt le matin, me surprend. Comme si je passais de l’intérieur d’un frigo à celui d’un sauna.  Je devine déjà que ce sera une journée piscine et travaux légers du genre écrire mon journal, arrêter quelques heures pour souffler (!), prendre mes messages sur Internet, reprendre mon souffle (!) mettre en ligne mon blogue de la semaine, m’assurer que j’ai encore du souffle (!).

Commençons par le café. J’en suis à l’essai de la quatrième marque. Le meilleur reste encore le Rey. Nous avons bu du Don Ramon qui ne goûte pas trop puis du 1820, pas si pire même si pour certains c’est le meilleur. Cette semaine, nous sommes au café de la coopérative de Dota. Pas si mal, mais à notre avis, le Rey est lencore e meilleur des cafés. Pourquoi essayer tant de marques me diriez-vous ? Pourquoi ne pas nous en tenir au meilleur de ceux que nous avons essayé jusqu’à maintenant ? Et bien, c’est fort simple. Comme nous voulons ramener avec nous une quantité que je qualifierais d’importante de ces petites graines végétales, nous voulons rapporter les meilleures. Il y a deux ans, nous avions rapporté près de 10 livres de café costaricain. En deux mois, tout s’était volatilisé en cadeau ou en consommation quotidienne. Alors cette fois on devrait doubler la quantité dans nos valises. On devient des importateurs officiels de café au Canada !!!

Bon, je cède le PC à Diane. Elle suit son cours de production de site Web par correspondance Internet avec son prof de Sherbrooke jusqu’à son retour le 5 mars. Elle reprendra alors son cours avec le groupe d’étudiants. Et je compte le nombre de pages cette semaine : huit ! Ouf, il me semble que les textes allongent de plus en plus. Une belle brise s’est levée, il me semble la température est plus douce. C’est un bon temps pour la « picina »

Fin de soirée:dîner en groupe (JF-Bernard-Diane et moi) chez El Jardine, spécialité pizza et quelle bonne pizza ! L’endroit est très très bien. Le décor est moderne et la pizza est cuite dans un véritable four en la terre cuite. On a discuté cinéma tout au long du repas, à savoir quels films nous avions le plus aimés : Dîner de con, La Grande séduction, et j’en passe. De Richard Desjardins avec son film sur la forêt boréale jusqu’à Louis de Funès et La Grande vadrouille. On était dans un terrain fertile pour de beaux échanges. Tout ça sous une température de 26 / 27oC. Une belle soirée qui se termine bien. Demain, nous projetons une autre excursion, alors à la semaine prochaine pour la suite. J’ai trop écrit…