DIMANCHE, le 27 janvier  

Quelle belle journée. Le soleil tape déjà. Il est à peine 8h00. Nous nous sommes levés à 6h45. Ce matin nous nous rendons chez Jaime. Il nous attend pour nous faire visiter son petit paradis. Café sur notre terrasse et fruits variés au déjeuner, papaye cueillis ici, ananas et mangue. Nous quittons Diquis avec  Bernard à 8h00. Nous arrivons rapidement à la petite route qui se rend chez notre guide costaricain. Chemin faisant, Bernard me lance un blague de circonstance. «Tu sais Pierre, on dit qu’au Costa Rica il y a deux saisons, la saison des pluies et la saison de la poussière. Et bien, cette dernière vient de commencer». Je ris car, depuis une semaine, alors que la chaleur sévit, la poussière est omniprésente sur les routes secondaires du Costa Rica. Ici on ne met rien afin d’abattre la poussière. Ça me rappelle l’Abitibi et ses rangs qui ne sont  pas asphaltés pour la plupart. Je me souviens de cette bataille que j’avais mené avec des citoyens du rang 4 et 5 de Granada (près de Rouyn)  où j’habitais à l’époque. Je venais d’acheter ma première maison et le rang, qui était situé entre la ville et un « pit » de sable, était en gravier. Plus de 40 camions y circulaient par jour et nous étions envahi de poussière jusque dans les maisons. Nous avions mené une bataille, jusqu’à bloquer le rang pour demander un entretien avec le directeur régional du ministère des Transports. On avait mis de l’abat poussière la première année, mais après quelques pluies, l’effet s’estompe. La deuxième année, nous avions à nouveau manifesté et le député du temps, un nommé Gilles Baril , avait fait débloquer les sommes nécessaires pour asphalter le rang du village jusqu’à la propriété de monsieur le maire… soit la moitié du rang. Bref, en circulant sur les routes ces temps-ci au Costa Rica, j’ai l’impression de circuler sur les routes de l’Abitibi de l’époque. 

Nous voilà donc chez Jaime. Il nous reçoit du haut de sa maison dans les arbres, à plus de 100 mètres de la route, avec un  « ¡Hola, amigos! ». « ¡Hola! » lui crie-t-on en cœur du bas de la pente raide que nous devons gravir pour nous rendre à sa maison. Nous y sommes déjà allé à deux reprises, mais Jaime était toujours absent. Je vous dirais que la maison qui se trouve en pleine forêt tropicale et qui est aussi sa place d’affaires est d’une propreté à faire pâlir beaucoup de demeures au Québec. Les tuiles sont impeccablement reluisantes. Aucun déchet ne traîne. Et ce grand sourire qui nous accueille et une poignée de main des plus chaleureuse. On se sent tout de suite à l’aise. Les dernières fois, l’accès à la terrasse dans l’arbre était inaccessible. Fermée à clé, question de prévenir les chutes. Cette fois-ci, la barrière est ouverte et Jaime nous invite à le suivre sur la plate-forme dans les arbres.  Nichée entre 4 ou 5 arbres, cette terrasse ou abri, fait au moins 10’ par 10’ (3m x 3m). C’est confortable et elle offre une vue imprenable sur la forêt et la rivière qui coule dessous. Déjà les oiseaux attirent notre attention, du moins celle de Diane et Bernard ! Jaime nous offre gentiment le café noir et les biscuits. J’en profite pour lui demander quel est le meilleur café du pays? « Rey », me répond-il sans aucune hésitation. Bravo, c’est celui que nous venons d’acheter cette semaine.

On est ici pour le nid de hibou. Où est-il ? Il nous montre une fente dans le plancher. de la terrasse. C’est là!!! Mais comment prendre une photo. Me voila penché avec Diane (voir photo de la troisième semaine sur le blogue) pour apercevoir le hibou  qui couve sans doute l’unique œuf dans le nid. Click…click…photo par la fente. Le résultat est décevant. Jaime prend la camera et sort de la plate-forme, s’accroche à une branche et va lui-même prendre quelques clichés de la bête. Pas mal pour un photographe amateur !

On a ensuite droit à une visite guidée des lieux. En fait, Jaime offre l’étage supérieure de sa maison comme gîte à 30 $/ nuit et, ma foi, c’est très bien. Ça ne plaira pas à tout le monde, mais pour les amants de la nature c’est une belle place pour quelques nuits. Pas besoin d’air climatisé. Et puis, il offre des excursions en mer (pêche), dans la mangrove ou en forêt pour 35$ pour une bonne demi-journée. 

De retour au Diquis, je laisse Diane et Bernard et je me dirige vers la plage de Ventana. La vague est puissante et hop! La planche à l’eau. Quelques heures de planche ça vous creuse l’appétit.  En après midi, Bernard et moi,  allons à une autre plage, la plage Pinuella, un endroit plus calme où les vagues invitent plus à la détente qu’au sport de la planche. 

En soirée, nous avons droit à une  parade de mode, souper méditerranéen et soirée dansante. L’endroit, tout près de Diquis est surprenant. Construit par un architecte français qui gère aussi l’établissement, c’est de toute beauté avec sa salle de danse au grand air, sa piscine et son jacuzzi. Une belle soirée passée en compagnie de la famille de Renée (la copropriétaire du Diquis). Ses trois  sœurs et son frère sont arrivés il y a quelques jours et ce sont de joyeux lurons. De retour au Diquis vers 21h30, épuisés par la danse (on est trempés de sueur), c’est le coup de la piscine. Après ça ,on va bien dormir.  Bonne nuit,  visiteuses et visiteurs du blogue…

  

LUNDI, le 28 janvier

Debout assez tôt, nous ne sommes pas trop « raqués » (courbaturés) de nos « stépettes » d’hier soir. Nous sommes prêts pour une longue marche aux  oiseaux. On se rend vite compte que la promenade ne sera pas longue…Il FAIT CHAUD… Bernard et Diane réussissent tout de même à identifier quelques espèces nouvelles et je réussis à les croquer à la caméra. De retour, tout en chaleur, un plongeon dans la piscine puis un arrêt au local d’Internet pour la mise à jour du blogue. Ce qui me prenait une demi-journée au départ me prend maintenant une heure. Vraiment facile un blogue et si plaisant pour y mettre textes et photos. Évidemment, notre visite à la salle d’ordinateur est l’occasion pour nous de suivre les actualités du Québec. Je sais, que je vous écœure toujours un peu avec la météo d’ici (comme se plait à me le rappeler constamment Diane…) mais c’est sans malice. 

Après midi donc très relaxe, après tout c’est dimanche. On a invité Bernard à venir goûter mes fameuses crêpes au souper dont je vous ai parlé la semaine dernière. Crêpes fourrées soit  au bacon ou au jambon et fromage gouda et cheddar, arrosées d’un bon sirop d’érable du Québec plus précisément de l’Estrie. Le meilleur qui soit. Elles étaient encore très réussies. On a ouvert un petit rosé avec ça. Bah! ya pire que ça dans la vie!  Un tel souper en bonne compagnie complète bien une journée remplie de soleil.  Bonne soirée…  

PS : Vous voulez ma recettes de crêpes, vous savez où je demeure. Même nos cousins bretons en seraient jaloux… 

 

MARDI, le 29 janvier 

Grosse journée: oiseaux, piscine et texte. Jean Couture vient de nous envoyer le dernier chapitre du livre. Petite révision et derniers commentaires sur des ajouts possibles, tout cela à partir de la terrasse (Voir la photo). Nous empruntons un sentier près du Diquis ce matin pour notre exploration ornithologique. Bernard a un groupe de touristes à guider, donc pas de Bernard ce matin. Tiens, on le croise sur la même route. On nous informe qu’un magnifique pic est à « picosser » (marteler) un arbre à une centaine de mètres. C’est vrai et comme d’habitude click, click et voila le pic prisonnier de la caméra. Il sera sans doute une des vedettes du blogueur la semaine prochaine. 

Chemin faisant, nous croisons plusieurs chantiers de construction. Au bout de la route  ça se construit partout et deviner qui sont les proprios de tous ces terrains: Québécois ou Français? Une confidence reçue d’un propriétaire québécois m’indique que des terrains achetés il y a deux ans, se vendent 2 fois et demi le prix d’achat cette année. Ça, c’est de l’inflation spéculative monsieur. Imaginez ceux qui ont acheté leurs terrains il y a dix ans. Je rencontre aussi un autre Québécois qui me dit qu’il a acheté un condominium la semaine dernière au Panama et qu’il s’est acheté un terrain tout  près du Diquis. Il construit l’an prochain. Il va tout simplement louer ces maisons et les utiliser au besoin. Si on vous demande quel le mot le plus utilisé ici au COSTA RICA. Vous pouvez dire sans vous tromper : SE VENDE (à vendre). Il y a des pancartes à vendre partout. Terrain à vendre, propriété à vendre et ce sont des québécois qui en sont majoritairement propriétaires, surtout à Ojochal. À ce rythme, ne soyez pas surpris si dans dix ans la langue seconde au Costa Rica est le français. C’est hallucinant le nombre de personnes qui s’installent ici et qui sont soit d’origine québécoise ou française. Et que dire des personnes qui viennent explorer le pays pour y faire des affaires. Alors, on défriche encore beaucoup malgré les restrictions sévères. On croit entendre une tondeuse à gazon, alors que c’est une scie à chaîne à l’œuvre. Tant mieux pour ce pays. Ça fait donc beaucoup d’argent neuf qui entre au pays. Sans doute que les infrastructures  vont suivre un jour pour desservir toutes ces nouvelles constructions. 

Petits pépins au Diquis: deux des trois voitures ont eu des avaries sérieuses. L’une est réparée mais l’autre que j’avais en co-location, c’est plus sérieux. On attend le diagnostic en fin de journée pour savoir si on pourra me dépanner avec un autre véhicule. Les deux ont des problèmes de moteur. Bon je vous laisse. Question d’aller à l’air conditionnée dans la salle d’ordinateur prendre mes messages et des nouvelles du Québec.  A +…  

Ca me purge les ordis! Je venais d’écrire un long texte et voila qu’il me réclame toute sorte de simagrées qui fait en sorte que rien n’est enregistré merde. Je dois recommencer. Ca me fait…. Je disais que nous avons terminé la lecture du dernier chapitre de notre livre qui sera publié ce printemps aux Éditions de l’Homme. Il y a un an et demi, ce projet germait quelque part dans la tête d’un dirigeant de Quebecor et aujourd’hui, c’est une réalité. Jean Couture qui a été la plume de ce livre et ma foi, le conseiller idéal qu’on peut avoir dans un tel projet. Il a mangé du Boisvenu et du Carlos 24 heures sur 24 depuis 6 mois. Comme il me disait la semaine dernière, il ne dormait pas avec nous, mais c’était tout comme. Il m’est difficile de critiquer cet ouvrage que c’est notre vie. C’est comme demander à des parents si leur enfant est plus beau que celui du voisin!!! Évidemment, c’est le plus beau. On espère toujours qu’un livre qu’on a écrit se vende par milliers d’exemplaires. J’espères seulement un chose: qu’il garnisse bien les coffres de l’AFPAD afin de pouvoir retourner le plus de ces argents aux familles dans le besoin. Si j’ai écrit ce livre, c’est d’abord et avant tout à cause du courage de toutes ces familles. 

Puis, Diane et moi avons pris un bon souper avec un bon vin chilien accompagné d’un spagg avec l’excellente sauce italienne de Diane (la meilleure au monde, croyez-moi). Nous avons levé notre verre à ce livre qui naîtra en même temps que le bébé de Christian et Julie (Butterfield). Nous nous sommes dis que de chemin parcouru depuis la mort de Julie! Puis, sous un ciel étoilé comme rarement on a vu ici, on part à la chasse aux  engoulevents. En sortant du Diquis on est chanceux, on tombe sur 3 ou 4 de ces oiseaux de nuit, accroupis sous un lampadaire. On est équipé de notre projecteur un million de chandelles et on éclaire. L’oiseau nous fixe,i l est juste dans la bonne position pour une photo spectaculaire…click…click…click… Oups, l’oiseau s’envole mais on eu le cliché tant désiré. Et puis, il fait beau ce soir…environ 24 ou 25oC, avec une petite brise de la mer qui nous adoucit la soirée. Les sauterelles chantent…Oups, il en entre une dans la maison. Diane m’appelle au secours. Un coup de ballet et la sauterelle d’au moins (voir photo) 4 ou 5 pouces de longs ne rechigne pas et  prend le bord de la porte. Tiens, elle s’est accrochée à la moustiquaire de la cuisine et elle se met à striduler. Quelle bruit infernal ces grosse sauterelles géantes. Puis, une autre d’une belle couleur verte arrive et s’accroche au plafond de la terrasse. Très élégante celle-la et silencieuse. Décidément, les sauterelles sortent ce soir. C’est vrai, que c’est une très belle soirée pour les sorties. Voila la journée s’achève tout en douceur et espérant qu’elle vous remplisse DE CHALEUR.  Bonne nuit… Pura vida

 

MERCREDI, le 30 janvier

Premier matin sans doute où je me lève passé 8h00. Diane est déjà dehors l’oeil collé à son télescope. La première question que je lui pose chaque matin, quand j’ouvre la porte qui donne sur la terrasse : « Salut Carlos, bien dormie ? Puis, de nouvelles espèces ce matin ? Je te prépare ton café ? »

Alors le rituel se poursuit comme chaque matin ici. Je prépare le café. Juste à ouvrir le sac et toute la cuisine est envahie de l’odeur du café frais. Je sors la mangue, l’ananas et la papaye et je découpe en morceau pour notre entrée. Le tout passe rapidement sur la table de la terrasse où nous déjeunons tout en épiant du coin de l’œil les allées et venues des oiseaux au cas où une nouvelle espèce apparaitrait. L’appareil photo est toujours prêt pour cliquer  le nouvel arrivant emplumé.

Journée très chaude encore et la marche du matin sur une petite route à  proximité qui nous  mène à un secteur en plein développement. Ici, ça se bâtit partout et ce sont en majorité de francophones qui se font construire une seconde résidence. Le problème quand vous partez marcher le matin ici, même tôt,  vous êtes certain de revenir dans les grosses chaleurs. Alors la piscine est toujours la bienvenue. Par contre, quand vous partez vers la fin d’après midi, vous êtes certains de ne pas revenir en sueur.

C’est officiel, on vient de nous apprendre que notre 4×4 est « kapout » (fini). Mon co-locataire est tombé en panne vers 9h00 hier soir  entre Ojochal et Palmer de la Norte. Le manque d’eau dans le radiateur semble être le diagnostic.  Donc, le moteur aurait été grillé. Alors, patience nous dit-on, on tentera de trouver un véhicule de rechange. C’était un bon petit véhicule, équipé de la clim, très économique, pas fort, mais qui nous amenait où nous voulions aller sur les bonnes comme les mauvaises routes. En après-midi, je suis parti avec Bernard aller visiter des cabinas où il aimerait s’installer car il sera sans logement vers la mi-février.  Au bout d’une route, un complexe de jolies cabinas est tout à fait inusité. Bâties sur pilotis, ces cabinas (une grande pièce salon/cuisine/chambre à coucher et une salle de bain, elles sont  à 5 mètres du sol et toutes sont isolées les une des autres question intimité. Elles sont reliées par une passerelle. Un bel endroit, mais malheureusement, comme le complexe est en construction, on ne loue rien pour le moment. Mais, ce sera très jolie et très peu dispendieux à louer nous dit-on. Sur le chemin du retour, Bernard et moi avons assisté à un beau spectacle de perroquets. Une vingtaine d’entre eux sont arrivés dans un arbre fruitier pour grignotter avant de s’envolée pour la nuit dans la forêt voisine. Ça jacasse, ça se promène d’arbre en arbre. C’est vraiment spectaculaire.

De retour,  un saut dans la piscine et puis nous accueillons Bernard pour le souper. On en prend l’habitude, mais faut dire que Bernard est un compagnon de voyage fort agréable. Cultivé, bien informé, posé, intellectuellement éveillé et très brillant, aucun sujet de discussion le rend mal à l’aise. C’est un gars universel comme j’aime étiqueter ce genre de personnage. Nos soupers sont toujours très animés et la fin tout aussi vivante par les discussions que nous avons ensemble. Mais ce soir, on a étiré la sauce un peu. On s’est laissé il était 11h00 passé. Du rarement vu. Mais, c’est un grand plaisir de l’avoir à notre table et d’échanger dans ce climat sud pacifique, sans  rien qui presse, sans préjugé et sans protocol diplomatique… Ce soir nous avons invité Bernard pour goûter à mes fameuses omelettes. Bernard amène le vin et nous on fournit le repas. C’est ce qu’on appelle à la bonne franquette. Quel plaisir de toute façon de partager un repas sur une terrasse. « Et pis Bernard, ton diagnostic sur mes omelettes ? ». Réservé, il avoue qu’elles sont délicieuses. On ne veut jamais déplaire à un hôte, je sais bien. Mais comme Bernard revient à ma cuisine sans se faire prier , en vérité, ça doit lui plaire. On finit tout ça avec un bon petit rhum du Costa Rica. Vraiment doux ce rhum. Puis on se dit bonne nuit et à la prochaine. Qu’est-ce que je vais bien lui faire goûter ? Ah ! j’ai mon idée. Suivez l’histoire sur mon blogue. .ous le saurez  bien assez tôt. C’est moi qui vous dis bonne nuit.

 

JEUDI, le 31 janvier 

Dernier jour du mois. Je suis debout à 6h30. J’ai rêvé toute la nuit que je pelletais de la neige. Je pouvais bien être en sueur à mon réveil C’est quoi l’idée de pelleter de la neige dans un rêve au Costa Rica. Il va y avoir une grosse tempête à Montréal au tour du 1er février. Comme on est debout tôt, on entreprend notre marche matinale pour la découverte d’oiseaux aussi très tôt.  On prend un petit sentier qui aboutit à une magnifique rivière. Le chien du Diquis nous accompagne et dès qu’il voit l’eau fraîche de la rivière, il se met à plat ventre dedans, question de se rafraîchir. Grosse matinée: 4 « lifers »! C’est plein d’oiseaux et des espèces que nous n’avions pas vues à ce jour. L’explication est fort simple. Ici il y a des oiseaux  en migration en permanence. Ça vient du sud comme du nord. Faut comprendre que le pays est au centre des Amériques, donc un véritable couloir pour beaucoup d’espèces d’oiseaux, résidents comme en migration. Chaque jour nous amène donc sont lot de nouvelles espèces et heureux sommes-nous d’en être les témoins.

Je prends de plus en plus de plaisir à faire de la photo. Souvent Diane, épuisée par le soleil, retourne à la villa alors que reste de longues heures à surveiller l’oiseau que je pourrais photographier. C’est un grand plaisir surtout que sommes certains de voir quelques choses apparaître au sommet d’un arbre ou creux d’une rivière qu’on surplombe. De retour vers 11h00, la piscine nous attend. Il fait encore au-delà de 35oC. Bernard propose d’aller au Rancho Soluna pour dîner, un petit resto à proximité des cabinas qu’il habitait l’an dernier. Ce sont des québécois (encore !) de Sherbrooke qui en sont propriétaires. Leur spécialité ? Devinez un peu! En route, sous la grande chaleur, une bonne samaritaine, une américaine, s’arrête et nous offre de nous embarquer. Elle nous conduira jusqu’à la porte du resto. Une autre habitude toute ojochalienne. Ici tout le mode s’envoie la main. A pied ou en auto. On se  salue tout le temps comme si tout le monde se connaissait. Vous ne faites donc jamais de pouce ou rarement ici. Un véhicule s’en vient sur la route empoussiérée.  Si vous paraissez sympathique ou s’il y a de la plce on s’arrêtera et on vous offrira de vous prendre à bord. C’est la campagne québécoise des années 50. On se fait confiance et on est agréable les uns envers les autre. Une très belle attitude que je trouve fort sympathique et qui donne le goût de revenir.

Ah oui, la spécialité du resto: la poutine!!! Oui oui, la vraie poutine qui goûte comme chez nous. Diane me dit : « ça fait un gros mois que nous n’avons pas mangé québécois, allons-y ». La serveuse est des plus sympathique, la clientèle rarissime et tout ce qu’il y a de costaricaine dans ce resto…c’est le menu qui est écrit en espagnol. Et quelle poutine, du fromage qui fait « squiche-squiche » sous les dents, une bonne sauce et des frites maison. La gastronomie québécoise au Costa-Rica.Grosse facture! Je fais des farces carc’est vraiment abordable comme prix.

Au retour, y fait chaud. Et la côte à grimper vers le Diquis est plus ardue que d’habitude. Arrivé au sommet de la colline, qui arrive en voiture: la même américaine. Diane ne se fait pas prier pour  monter à bord et Bernard et moi continuons à pied dans l’espoir de voir un trogon. Un oiseau plutôt rare, autant que son cousin le Quetzal. Bofff, à cette heure chaude de la journée, les oiseaux sont moins innocents qu’on le croit, ils sont à l’ombre quoi. L’après midi est chaude, tout nous invite à rester calme et à profiter de la piscine tout en appréciant la fraîcheur de son eau. Ce que nous avons fait. Et demain, je vais faire une plongée, je viens de l’apprendre.

Fin de journée paisible à travailler sur mon blogue tout en prenant mes message et en jasant avec mon frère Paul, nos amis Carole Proulx et Pierre Bissonnette.  Je prends  des nouvelles du Québec: le Canadiens gagnent et la neige qui arrive encore pauvre vous autres. Quand je pense que j’ai pelleté toute la nuit dernière. J’aurais dû attendre. Bonne nuit à vous qu’il nous est permis de  taquiner. Sans rancune … xxx

 

VENDREDI, le 1er février

6h30, bon café chaud, fruits, toasts et je suis prêt pour la plongée sous-marine. L’instructeur me prend à la porte de la villa à 7h15. Ça c’est du service mes amis! Toujours aussi souriant ce Nicolas. Il m’offre en embarquant dans son 4 x 4 un beignet qu’il vient de se procurer chez les hollandais (Amish). Écoeurant… dieu qu’ils sont bons. Arrivé à l’école de plongée, qui est située juste en face du comptoir où les Amish  vendent de leurs produits chaque semaine, j’en profite pour faire nos achats de le semaine : pain brun, brioche à la cannelle et oui des beignets. On est bon pour la semaine.

Salutations habituelles entre plongeurs. Ce matin, outre les instructeurs, nous sommes trois. Un belge, un français et un québécois. Nous allons plonger dans le Parque Nacional Marino Ballena, situé près de la côte, juste en face d’Uvita, soit à 10 km de Ojochal. Première plongée, 45 minutes,  sur un gros pic rocheux qui fait 34 m de hauteur à partir du fond de la mer jusqu’à un 1 m de la surface. C’est un plongée d’exploration. Un coin encore inexploré par nos guides/instructeurs. On y plonge pour en connaître le niveau de difficulté et d’intérêt pour de futurs clients. La visibilité est so-so mais le coin est remplie de poisson et surtout de grosses langoustes effarouchées. Je comprends mieux quand plus loin, on en retrouve quelques unes décapitées, c’est-à-dire qu’on ne retrouve que la tête. La queue de la langouste a fait l’objet d’un repas d’un ticos ou d’un  touriste braconnier. On arrête une heure. C’est la règle car le système doit se débarrasser de l’azote accumulé dans les tissus au cours d’une plongée. C’est pourquoi, on a des paliers de décompression. Par exemple on en fait le plus souvent un à 3 m de la surface pendant 5 minutes quand on remonte. Plus vous plongez profondément et/ou plus vous plongez longtemps, plus votre corps accumule de l’azote. Ne pas respecter les paliers de décompression et le temps minimal entre deux plongées, vous risquez de vous intoxiquer et dans les cas graves ça peut aller d’étourdissements à la perte de l’usage d’un membre et même et dans les cas extrêmes à la mort.  On prend donc le temps de manger un peu, fruits, jus, muffins, Pas trop lourd pour notre deuxième plongée. Entre québécois, français et belge évidemment que les taquineries foisonnent.  

Deuxième plongée, 54 minutes, elle se fait à proximité de la première. Nous sommes sur un massif rocheux (volcanique) avec des murailles et des failles qui descendent jusqu’à 32 m dans la mer. La visibilité est plus ou moins bonne en dessous de 15 m, mais l’important, c’est d’être sous l’eau. Encore des langoustes à profusion, beaucoup de poissons pour une ballade des plus relaxes. De retour, nous parcourons la côte et le capitaine du bateau nous offre de la longer de très près afin d’observer les grottes qui se cachent un peu partout. Un beau spectacle que ces rochers qui percent les pics rocheux qui s’avancent dans la mer entre les plages semées ça et là le long de la côte du Pacifique entre Uvitas et Ojochal. La semaine prochaine, le proprio de l’école nous propose de faire une autre plongée d’exploration au large de l’Île Cano. Entre 40 et 50 m de profondeur, c’est un endroit peu connu que le centre désire inscrire dans ses excursions de plongées. Alors du plaisir à l’horizon.

De retour, Diane et Bernard ont fait le décompte des oiseaux observés au Diquis et dans les environs. Comme je m’y attendais, ils approchent les 100 espèces. Quand même pas pire pour une endroit qui n’est pas un parc national. Et puis, j’ai le souper à préparer. J’ai invité mon coloc d’auto, Jean-François, un gars de Sherbrooke et Bernard, que vous connaissez je crois. Brochettes de poulet sur BBQ et deux bonnes bouteilles de vin chilien. Diane a fait une excellente salade verte. J’ai fait un peu de pain à l’ail. La baguette ici ne se compare nullement avec celle de mon ami Mohamed du Délices des Nations de Sherbrooke. On a la brioche des amishs et une excellente crème glacée costaricaine pour dessert. WOW…Ça fait fureur et quel délice! 23h00, nos invités viennent de partir. Ils ont trouvé le souper excellent et la brioche écoeurante. Décidément, ces amishs font de la boulangerie et des pâtisseries aux goûts de québécois. Pis, on a placoté de tout et de rien. Quelle soirée agréable et en bonne compagnie. Bon, je termine ce texte et je vais au lit. On a eu un remplacement à notre petit 4×4: un gros 4X4. On ira loin avec celui-ci, je vous le promets. Bonne nuit  et bon pelletage. Je viens d’apprendre que le canadien a perdu mais que vous avez gagné 40 cm de neige. Bonne nuit, en espérant ne pas rêver comme la nuit dernière que je pelletais comme un fou…

 

SAMEDI, le 2 février 

Il y a eu quelques gouttes d’eau hier soir. C’était notre première pluie en presque un mois. Un gros 10 minutes de mouille! Voilà, on a un nouveau 4X4, un tank! Bien chaussé, il est bon pour la grosse ouvrage et nous pour le gros « suage » car il n’y a pas de clim. Alors, samedi quelques courses avec le tank, piscine le matin car il fait chaud et piscine l’après midi car c’est encore plus chaud. En avant midi, je me suis improvisé photographe commercial. Je suis allé visiter les terrains qui sont à vendre tout près du Diquis. Vous pourrez les voir bientôt sur le site Internet de François. De beaux terrains en hauteur, bien situés entre la mer et les montagnes, avec une très belle vue. Dans ce secteur du Costa Rica, tous les terrains sont à vendre. On voit des projets de développement domiciliaire ou  touristique partout.  On se prépare à accueillir d’ici 5 ans beaucoup de touristes supplémentaires. La route entre Dominal et Quepos (45km) sera bientôt asphaltée. C’est le dernier bout à paver pour que le nord (Nicaragua) et le sud (Panama) soient reliés sur la côte du Pacifique. Les infrastructures (ponts) sont presque complétées. J’imagine déjà le trafic fou que cette construction de route apportera. Actuellement, le développement touristique est stoppé à Quepos. L’avantage, c’est qu’ici vous ne voyez jamais de racaille, mais au nord de Quepos c’est bien différent.

Le décompte ornithologique de Bernard et Diane approche lentement des 100 espèces d’oiseaux observées sur le site du Diquis, ce qui est exceptionnel tout de même. Les deux se sont donné comme projet d’ouvrir un bon rosé un fois les 100 espèces dénombrés. J’ai confiance que ce soit pour ce week-end. Personnellement, j’ai comme projet de changer de caméra numérique à mon retour au Québec. J’en ai une bonne, mais si je veux perfectionner encore plus la photographie ornithologique, une bonne caméra avec un bon zoom, me permettra de photographier des oiseaux encore plus petits et plus loin. Ici, c’est surprenant d’en voir de si petits et comme tout les arbres sont en feuille, il faut  un instrument de chasse photographique des plus performant afin de bien saisir les détails. J’aime bien les photos que j’ai prises à ce jours de mes beaux wazi-wazos.

En après-midi, Diane avait une course à faire à Cortes, petite ville à proximité de Palmar de la Norte. On fait une petite halte à Plamar. Question de faire le plein de ‘colones’. Puis nous sommes intrigué, en traversant le grand pont de Palmar par une très grande colonie d’oiseaux, qui ont toute l’apparence de canards. Faut dire qu’ici, les canards sauvages ne courent pas les rues…oups, les cours d’eau. En fait, on peut dire qu’ils sont facilement un millier d’oiseaux (des dendrocygnes) rassemblés sur le littoral de la rivière Terraba. Un très beau spectacle. Ce qui est intéressant aussi, c’est que pour nous rendre à la rivière, nous avons dû faire quelques tentatives pour trouver le bon chemin. Ce qui nous a conduit sur le chemin de l’aéroport où il y a beaucoup de vestiges du passage de United Fruit qui était à l’époque une entreprise prospère à Palmar. Cette entreprise américaine, qui contrôlait  le marché des fruits au Costa Rica, a quitté depuis après avoir sans doute exploité ses travailleurs comme des mineurs et des travailleurs forestier l’ont été jadis au Québec. Souvenons-nous de la CIP. On voit un vestige, je dirais même une relique d’un train à vapeur, d’une vieille ligne de chemin de fer et de vieux wagons de bois qui l’époque abritaient sans doute les travailleurs et servaient à les transporter d’une récolte à l’autre. Ces vieux wagons sont aujourd’hui encore habités par des travailleurs peu fortunés. Quant au chemin de fer, un très gros tremblement de terre l’a détruit il y a plusieurs années et la compagnie a renoncé à la reconstruire.

Puis nous nous sommes dirigés vers Cortes, une petite ville typiquement costaricaine, plaisante à visiter. On vient d’asphalter les rues de la petite ville. Il en reste encore quelques uns en gravier, mais songez à l’amélioration de la qualité de la vie pour ses habitants. Pas surprenant de voir autant de vélos circuler dans les rues de Cortes. Quelle surprise quand j’ai vu le véhicule de polices ! Un beau camion blanc tout neuf avec gyrophares et les brigands arrêtés et menottés installés dans la boite du camion à la vue de tous. Moi j’appelle  ça,  le châtiment populaire. Ah, j’imaginais les policiers du Québec faire de telles opérations en plein hiver, à -30o avec nos petits truands locaux dans la boite d’un pick-up pendant une heure à se les geler dans la cour d’un centre commercial très achalandé. Je rêve je crois. Oui bon, un beau petit bled. On y reviendra. Retour en fin d’après midi. Je prépare le souper qui sera simple ce soir: un spag avec la fameuse sauce de Diane.

Merci pour vos commentaires toujours appréciés et oui…je réponds cette semaine à une demande d’une internaute assidue. Elle aimerait voir quelques photos des sentiers où nous marchons, Diane, Bernard et moi lors de nos séances matinales d’observation d’oiseaux.

Voila pour cette semaine qui s’achève, la quatrième déjà. Maudit que le temps passe vite quand y fait beau. À la prochaine…