DIMANCHE, le 13 janvier

Et bien oui, on se lève avec une pluie des tropiques. Brusque et chaude. Notre première, mais ça ne dure pas. Petite balade à pied en avant-midi sur une petite route ombragée d’Ojochal. Comme la pluie a cessé et les oiseaux sont nombreux. On en observe beaucoup. Quatre nouvelles espèces au tableau de chasse de Diane. C’est sa moyenne quotidienne depuis notre arrivée. On rencontre des voisins du Diquis, des gens du Lac-Saint-Jean qui sont aussi ici pour deux mois. Le couple veut s’acheter un condo au Panama, car les prix sont beaucoup moins chers qu’ici. 

Il faut savoir qu’il y a trente ans, il y avait peu de touristes au Costa Rica, du moins de touristes de masse comme à Cuba ou à la République Dominicaine. Seuls quelques ornithologues passionnés osaient mettre les pieds dans ce pays sans infrastructure routière, pauvre en service d’accueil et avec de l’hébergement rudimentaire. Venir au Costa Rica à l’époque était toute une aventure. Assis au bar du Diquis, on a pu en entendre de bien bonnes. Puis les spéculateurs, dont beaucoup de Québécois, ont flairé la bonne affaire. On pouvait acheter des terrains pour une bouchée de pain à cette époque. On nous a dit quelque chose comme 10 à 15 sous le pied carré et souvent avec une très belle vue sur la mer ou carrément sur la plage. Le Costa Rica était tout simplement à vendre. On voyait et on voit encore plein d’affiches SE VENDE (à vendre). Le gouvernement n’avait aucunement la capacité de développer routes, aéroports et infrastructures sanitaires. Ses priorités étaient l’éducation et la santé. On ne pouvait même pas se payer une armée. Le Costa Rica est devenu la Suisse de l’Amérique. Indépendant politiquement et peu impliqué dans des conflits, comme son voisin le Nicaragua par exemple, le Costa Rica devenait une destination intéressante à cause de sa stabilité sociale et politique. C’est ainsi que peu à peu, sa réputation s’est construite. Mais aussi à cause de son immense territoire protégé et de ses ressources naturelles (900 espèces d’oiseaux) exceptionnelles. Les touristes ont commencé à affluer. Aujourd’hui, il est envahi d’Américains et d’Européens qui choisissent même d’y vivre en permanence comme beaucoup de Québécois d’ailleurs. Comme ces nouveaux habitants avaient des sous et qu’ils voulaient acheter une propriété ou tout simplement se faire construire une propriété à leur goût, les prix des propriétés se sont multipliés par 10 depuis quatre ou cinq ans. Aujourd’hui un terrain de quelques acres, situé relativement loin de la mer (un à cinq kilomètres) peut se vendre autour de 70 à 80,000 $.

Il n’est pas rare de croiser un Québécois ici qui vous offrira une propriété. On fait dans la spéculation et ce sont les étrangers qui s’enrichissent et non les résidents. Les prix ne sont plus compétitifs avec un pays comme le Panama. Ainsi, on croise souvent des gens qui vendent ici pour aller acheter chez le voisin, beaucoup moins cher et mieux pourvu en services dit-on.  Les conséquences du développement rapide du tourisme au Costa Rica est visible et il ne comporte pas que des aspects positifs. Oui, les routes s’améliorent grandement. Oui, on voit des projets d’aéroport se concrétiser. Oui, le chômage baisse, mais la drogue est un fléau dans plusieurs villes et même dans des régions complètes. Des villes comme Jaco ou Quepos, sont moins sécuritaires. On nous recommande même de les éviter. La réputation du pays se détériore. Ce développement sauvage, souvent au profit d’investisseurs américains, affecte la réputation du Costa Rica comme destination pure, écologique et remplie de charme. Dans la région que nous habitons, le développement est plus doux, moins agressif et agressant. Combien de temps cela va durer ? Les avis sont partagés, mais le Costa Rica doit préserver la chaleur et la qualité de son peuple si accueillant. C’est la première chose avec laquelle vous tomberez en amour ici : les Ticos, c’est-à-dire les Costaricains d’origine. Vous les apprécierez beaucoup.   Ma seule expérience de touriste de longue durée dans le Sud étant cinq semaines en République Dominicaine, je constate qu’on est loin de la situation de ce pays. Anarchique, sale et corrompu, la République ne peut que s’enfoncer davantage si les fléaux comme la drogue et la prostitution persistent. Voilà un pays où le tourisme est en train de faire des ravages dans ce qu’il a de plus précieux : sa jeunesse. Dieu merci, le Costa Rica saura peut-être éviter ces deux pièges. Voilà mes opinions sur ce sujet que vous ne jugerez pas trop moralisantes j’espère.

Il pleuvait ce matin c’est vrai, mais en après-midi le soleil est au rendez-vous. Il fait chaud et c’est humide. Diane a attrapé un rhume avec l’air conditionné et préfère faire la sieste. Je pars donc avec l’autre Pierre pour la plage. Il en connaît une à proximité du Diquis.  Quel bel endroit ! Une plage digne des films sur le Pacifique Sud. Encastrée entre deux rochers, bordant une baie remplie de palmiers qui servent d’aire de pique-nique et d’abri ombragé pour les baigneurs sensibles au soleil de plomb de l’équateur. Une plage en pente très douce où il faut aller assez loin pour avoir une bonne profondeur, des vagues hauts, mais qui cassent très lentement ce qui en fait un bel endroit pour apprendre à faire du surf. Il y a aussi un attrait nature assez rare. Un des rochers est percé d’un long tunnel. L’eau de la mer s’y engouffre par un bout de la grotte longue de 200 mètres pour ressortir à l’autre bout tel un canon qui propulserait l’eau avec force et dans un fracas à faire trembler la montagne. C’est spécial.  La plage est aussi bordée de deux petites rivières qui coulent des montagnes et qui apportent une eau douce avec laquelle les Ticos se rincent après leur baignade en mer.

Après un coucher de soleil très rouge, je suis de retour au Diquis pour mon premier BBQ : un excellent pollo (poulet).  Puis mon petit mot quotidien dans mon journal de bord et enregistrement de mes photos sur mon PC. Tout ça est devenu un rituel. J’ai réglé mes problèmes d’Internet. Alors amis qui avez SKYPE, nous allons bientôt y être plus fréquemment.  Bonne nuit.

 

LUNDI, le 14 janvier

Gros soleil ce matin, comme d’habitude, vers 6h30 on est debout. Ici, c’est du soleil de 6 à 6 ou douze heures par jour. La longueur des journées à l’équateur varie à peine de 20 minutes dans l’année. Une petite surprise m’attendait ce matin. J’avais laissé mes souliers de marche à l’extérieur durant la nuit et un scorpion tentait de s’en servir comme abri à mon réveil. Heureusement, ici aucun des scorpions n’est venimeux.

J’ai rendez-vous à 7h30 avec le proprio de l’école de plongée sous-marine qui a un pied à terre tout près d’ici. Un autre Québécois, très gentil aussi. On doit s’entendre sur un tarif pour 20 plongées. Ici, c’est très dispendieux plonger car les distances sont longues en mer afin de rejoindre les sites de plongée et les entreprises font faire deux plongées par jour afin de rentabiliser leurs sorties en mer. De plus, comme Crocodive est à développer ce produit, le Costa Rica n’étant pas reconnu pour un site exceptionnel pour ce sport, il doit faire beaucoup de plongées de reconnaissance afin de trouver de nouveaux sites. Il n’en a que trois actuellement et il aimerait en offrir une dizaine d’ici quelques années à ce que j’ai compris de nos échanges. Il me propose aussi de l’accompagner lors de ces plongées d’exploration à un tarif très acceptable. Yessssssss. It ’s a deal ! On plonge mercredi. Je vous en reparle.

Hier soir, Pierre (l’autre Pierre, celui de Laval) nous a proposé de l’accompagner pour visiter le Parque Nacional Chirripó. Ce parc abrite le plus haut sommet du pays, soit le mont Chirripo qui fait 3819 mètres de hauteur. C’est un coin qu’il n’a jamais visité. Nous partons vers 9h00 et prenons la route qui passe par le sud du Costa Rica vers Palmar Norte, puis direction vers San Isidro, en empruntant l’Interamerica. Cette autoroute (une seule voix bien souvent) part du Mexique, traverse l’Amérique centrale pour aboutir en Amérique du Sud. On s’est trompé de chemin rendu à Rivas, plutôt que de prendre la direction du parc nous nous sommes dirigés vers Playas. Une erreur qui a allongé notre excursion d’une heure sur une route aussi carrossable que celle que je prends pour me rendre à mon camp de pêche en Abitibi. De la garnotte, rien que de la garnotte. J’en avais mal aux fesses à sentir tous ces cailloux et ces nids de poules brasser la carcasse de la Yaris et la mienne aussi, soit dit en passant. On s’est arrêté à Rivas pour dîner. Quel dîner, du poisson et du poulet à la costaricaine. Délicieux et pas cher du tout. C’est un coin du pays moins touristique donc c’est moins dispendieux de s’y loger ou se nourrir que sur la côte. Nous voilà enfin près de la montagne Chirripo. On est presque à 2 000 mètres. Le reste du parcours doit se faire à pied. Il est trop tard pour continuer. On s’est donc arrêté pour prendre un café dans un petit resto surplombant la vallée. On remettra ça Diane et moi, car il y a plusieurs sites d’oiseaux intéressants à visiter dans ce secteur de la région. Décidément, il reste encore des routes qui demandent un bon véhicule et beaucoup d’habileté de conducteur au Costa Rica. Heureusement, celui qu’on a loué au Diquis est un 4X4.  Nous sommes de retour pour le coucher du soleil. 18h00. Journée bien remplie, car nous avons fait beaucoup d’arrêts tant pour prendre des photos des paysages et des oiseaux que nous dénichions au hasard de la route. Là-dessus, bonne nuit. On est crevé… 

 

MARDI, le 15 janvier 

Diane m’a fait une remarque hier que j’en écris trop.  Êtes-vous de cet avis ? J’attends vos commentaires pour lui clouer le bec. Notre deuxième semaine s’achève. On suit de plus en plus le soleil. Couchés tôt et levés avec Galarneau. Pour l’observation d’oiseaux, c’est l’idéal. L’autre Pierre nous quitte ce matin pour Jaco et Quepos. Je passe le saluer. Nous allons le regretter. Un chic type, plein d’humour, ouvert, bonne connaissance de la culture costaricaine, gentil, serviable et attentionné comme me dira Diane. Il y a de ces connaissances qu’on fait en voyage et qui confirment le bienfait de ceux-ci. Venir au Costa Rica et rencontrer un gars qui adore la chasse, la pêche (il connaît même la réserve La Vérendrye), qui a des aptitudes pour l’observation des oiseaux. Un compagnon fort agréable que je vais regretter. Il m’a aidé à mieux comprend ce pays et les gens qui l’habitent en peu de temps. Merci Pierre Benoît de Laval. J’espère te revoir un jour. Bon voyage sur cette terre, qui est de plus en plus petite plus je la parcoure.

Notre première journée avec notre 4 X 4. On a exploré une ville qui s’appelle Palmar Norte, située à 25 km d’Ojochal, laquelle ville nous avions traversée pour aller faire l’excursion au mont Chirripo. Petite ville, très petite. On y trouve une magnifique rivière et un style de vie tout à fait costaricain. On y a fait nos emplettes pour quelques repas. Bon petit véhicule. Bonne conduite, bonne direction, mais c’est un Jeep, donc ça brasse un peu…  bof

faut dire qu’ici au Diquis, il y a deux types de clientèles : ceux de courte durée (une ou deux semaines) et ceux de longue durée.  Cette dernière clientèle est en développement. Nous sommes parmi les rares clients à s’installer ici pour plusieurs mois. Ceux de courte durée peuvent bénéficier d’un service de repas tels le petit déjeuner et le souper. Ceux de longue durée, sont plutôt enclins à faire leur propre popote et vous connaissez bien mes talents de cuisinier. J’aime bien cuisiner dans le Sud. Il faut se débrouiller avec ce que les super mercado nous offrent. Ce site est de l’avis de Diane, et je le partage entièrement, idéal pour les amants de la nature comme les oiseaulogues. Ici, c’est la paix totale. C’est le calme de la nuit qui vous endort et le chant des oiseaux qui vous réveillen. On peut manger dehors les trois repas. Pas de mouche, pas de maringouin et on est bien à l’abri du soleil dans nos villas. Adorable. Vraiment, on ne regrette pas notre choix. Même Diane me l’a dit, et là je vous fais une confidence que vous gardez pour vous s’il vous plaît. Elle trouve que je me suis calmé beaucoup plus rapidement que l’an dernier en République. Elle n’en revient tout simplement pas. Alors, ça doit être vrai que le Diquis est calme.

Tiens une petite parenthèse sur le coût de la vie ici. Je ne sais pas si je l’ai fait déjà. Le coût de la vie est inférieur. Fruits, légumes, fromages (peu variés), poissons et viandes sont moins chers. La boisson, je n’en parle pas. Les adeptes du Sud le savent bien. L’essence est au même prix. Le logement est très abordable. Mais on ne trouve pas de tout. Ici le tourisme est en développement, donc contrairement à Sosua où nous trouvions tout ce qu’une bonne épicerie au Québec avait, ici il y a moins de produits nord-américains dans l’offre. L’important c’est de répondre aux besoins des Ticos et après, ceux des touristes. Mais, comme on dit chez nous, ça fait la job. Évidemment, je regarde ça avec des yeux de nord-américains. Pour les Ticos, le coût de la vie ici est très cher. Le développement du tourisme fait naturellement grimper les prix. Mais il y a une chose que j’apprécie beaucoup. Je me sens moins exploité qu’en République Dominicaine. Là-bas, il y a deux saisons : la saison où on ne paie pas cher quand il y a moins de touristes et après le 15 janvier de chaque année, quand la manne du Nord arrive.

Donc, à Palmar Norte, nous avons visité quelques boutiques de Ticos. Très recevant ce peuple et on nous sourit tout le temps. Sont-ils tous sur le Prosac ? Je blague. Quel que soit le Tico que nous abordons dans la rue, jamais il nous envoie promener. Toujours courtois, toujours attentif à notre pauvre espagnol, toujours disposé à nous aider. En après-midi, direction la mer, notre plage, la plage Ventanas, celle où je me suis baigné avec l’autre Pierre. J’avais amené avec moi une planche. Quel plaisir ! La marée montait et des vagues d’une hauteur de 15 de pieds nous ramenaient du large jusqu’à la plage. Et l’eau est à 30oC. C’est quand vous sortez de l’eau que vous avez le frisson. Il faisait autour de 28oC vers 15h00. Dès que vous mettez le pied à l’eau, vous sentez sa chaleur. Très agréable. Une pluie nous a surpris vers 16h00. Un retour précipité vers notre villa. Je suis toujours surpris de la rapidité avec laquelle la pluie arrive ici. C’est subit et sans vent. Il ne vente jamais ou du moins depuis une semaine, je ne sens jamais de vent. Ce n’est pas bon pour le linge que vous faites sécher mais, c’est parfait pour les repas pris dehors. On a bien eu une panne électrique, mais en moins d’une heure, le courant était rétabli. Voilà, déjà une cinquième page. Je vais avoir droit à une critique de Diane. Je suis mieux d’arrêter ici pour ce soir, mais j’en ai tant à dire, tant le monde est beau à découvrir. À demain, j’ai bien hâte de vous parler de ma plongée. Nous allons plonger près d’une île au large où on en dit beaucoup de bien pour ce type d’activité marine. On pense à vous toutes et vous tous. Bonne nuit chers amis. xx


MERCREDI, le 16 janvier  

OUF, quelle balade en mer, deux heures de bateau confortables, mais sur une mer agitée. Il y a eu des orages en mer hier. C’est la raison de la panne électrique que nous avons eue vers 16h00 hier. Des orages ont circulé plus au nord d’Ojochal. Nous avons du quitter la plage à cause de la pluie, mais plus au nord ça a brassé.  Comme je vous ai déjà écrit, je crois, j’ai pris un abonnement pour vingt plongées avec un centre tout près d’ici qui s’appelle CROCODIVE.  Service impeccable, instructeurs chevronnés et organisation très professionnelle. Ils viennent même vous cueillir à votre hôtel. Nous sommes 2 plongeurs et 4 Américains nous accompagnent pour faire du tuba.   Nous nous sommes dirigés vers Isla del cagno, une réserve biologique nationale située à 45 km de la côte.  Rendu sur place, tout l’équipement était prêt et nous étions fin prêts pour aller explorer pour la première fois l’océan Pacifique. L’eau est chaude (29oC) et la visibilité satisfaisante dans les conditions. Et hop, la main sur le masque, l’autre derrière la tête et me voilà sous l’eau. Première adaptation, respirer lentement avec le régulateur. Il y a quand même un an que je n’ai pas respiré avec ce truc. Mais l’adaptation se fait rapidement et nous voilà à 20 mètres. Ici, pas de corail mais des poissons, à profusion. C’est ce qui attire notre regard en premier. Bref, 50 minutes de plongée qui se passent rapidement. Nous avons vu des tortues de mer, des requins, des thons et des bancs de poissons par centaine. Décidément, je ne comprends pas les gens qui restent au tuba. Pour moi le tua est à la bicyclette, ce que la plongée est à la moto. Comme je l’écrivais lorsque je plongeais en République, la plongée c’est zen.  À la surface, nous débarquons sur l’île et quelle île !  Il fait beau et comme l’endroit est un parc marin national, la nature est vierge. L’île a été formée par l’irruption d’un volcan jadis. Des plages l’entourent et une forêt tropicale la recouvre. Je n’ai pas mon appareil photo merde. Une armée de bernard-l’hermite se promène partout avec leurs carapaces empruntées toutes plus jolies les unes que les autres. Une pensée me vient quand je mets le pied sur l’île. Je me dis que l’île de Robinson Crusoé devait ressembler à celle-ci.  Le dîner est débarqué et encore une fois, quel dîner . Salades, poulets et poissons. Quel délice ! Tout est encore impeccable. Après le repas, comme nous avons une heure avant la prochaine plongée, je pars à la découverte des pages de l’île. Pélicans, albatros et frégates l’habitent depuis plus longtemps que l’homme. Ils sont les maîtres des lieux. Je croise une tortue de mer, immense : comme un mètre de diamètre. Elle s’est coincée entre deux roches et elle est morte sans doute noyée quand la marée est remontée. Une très belle balade comme si j’étais seul sur cette île. 

De retour sur le bateau pour la deuxième plongée. Nous allons sur un récif plus au large. Nous plongeons à 30m de profond. Tout aussi riche en faune marine que le matin, nous nous amusons à caresser des requins. Ils sont une demi-douzaine à fuir nos caresses amicales tout de même. Une plongée de 50 minutes. Les mêmes plaisirs que le matin et je m’exerce à ma position favorite sous la mer : la tête vers le fond et les pieds pointés vers la surface. L’apesanteur sous la mer, c’est une sensation qu’il faut vivre. Hélas, l’air dans nos bonbonnes n’est pas inépuisable, il faut remonter à mon grand désespoir. Il me restait une encore pour 15 minutes d’air. Bof, ce n’est que ma première journée de plongée après tout. 

Le retour a été plus calme, mais comme nous étions à marée basse, le pilote du bateau a dû attendre une vague assez forte pour surfer dessus et entrer au quai. Quel pilote !  Ainsi s’achève cette magnifique journée de plongée et notre semaine au Costa Rica. Il fait beau et chaud et les gens sont très accueillants. On ne regrette aucunement notre destination. Il faut juste s’habituer à aller moins vite. Ce que j’arrive à faire, croyez-moi !  Bonne soirée, je me dirige vers le souper. Poulet à la costaricaine (fèves vertes, poulet, sauce salsa et fromage parmesan du pays) et salade aux carottes de Diane. Évidemment arrosé d’un bon vin chilien. Ici, c’est le plus abordable et vous trouverez des bouteilles d’excellente qualité à 7 ou 8 $. Comme d’habitude, on mange dehors. Ce qui m’intrigue c’est que c’est 0 moustique ici et 0 vent. Manger dehors au mois de janvier, ça ne vous titille pas quelques choses ?  Ce soir je travaille sur mon blogue afin d’y placer mes premières photos et mon premier texte. Je suis impatient d’avoir vos réactions. Je sais que j’écris beaucoup de détails sur mes journées, mais ça me donne l’impression que vous voyagez avec nous. On aimerait bien vous avoir toutes et tous avec nous. 

  

 JEUDI, le 17 janvier

Installé sur la terrasse, je vous décris cette journée. Il fait très beau et le temps est très agréable. Il est 18h00. C’est encore le soleil qui nous a réveillés ce matin à 6h30.  On a vite pris l’habitude de prendre tous nos repas dehors. C’est vrai qu’à 22h00 nous sommes au lit. Quelques fois, je veille plus tard à cause du placotage que je vous fais. Plan de la journée : oiseaux le matin et affaires domestiques en après-midi, c’est-à-dire lavage pour Diane tandis que je vais mettre le premier texte et les premières photos sur notre blogue. Comme c’est la première fois que je vais faire ce travail, ça risque d’être long. Renée, la proprio, m’apporte ma commande de poisson. Un kilo de dorade et un kilo de grosses crevettes. Le tout pour 10000 C soit 20 $. Pas cher et frais. Il y a du stock pour 6 ou 7 repas. Bon les oiseaux. D’abord un petit mot sur Bernard l’acolyte de Diane dans leur course « effrénée » pour dénicher le plus d’espèces d’oiseaux pour le Diquis del Sur. C’est un journaliste spécialisé dans les voyages et qui, au cours des années, s’est découvert une passion pour les oiseaux. Aujourd’hui il en fait plus qu’un hobby. Il est ici pour développer un service de guide pour les clients qui voudraient s’adonner à l’observation d’oiseaux. Il séjournait ici l’an dernier et avait déjà recensé plus de 60 espèces d’oiseaux au Diquis. Depuis une semaine maintenant, Diane et lui ont ajouté plus d’une vingtaine d’espèces nouvelles.  Alors, c’est avec ces deux spécimens « d’oiseaulogues » que je fais mes sorties plein air. Je leur sers de photographe de circonstance. Quoi de mieux lorsqu’on observe un oiseau que d’en avoir la preuve. Et le proprio, Pierre, désire monter une photothèque de ces magnifiques oiseaux et la placer sur son site Internet. Aussi, il désire faire la même chose avec les plantes végétales sur son terrain. On me dit qu’il y a plusieurs centaines d’espèces aussi. Alors beaucoup de photos et de montages à faire. C’est donc d’un pas léger et par une chaleur croissante que nous visitons un nouveau secteur autour du Diquis. Ça bouge tout le temps ici. Il y a plein d’oiseaux et encore ce matin durant notre ballade de 2h30, on a observé cinq nouvelles espèces. Ça n’arrête pas les nouvelles espèces et rien n’arrête ces deux « oiseaulogues » dans leur ardeur. Des vrais limiers sur les traces d’un gibier rare. Tout de même, il faut avouer qu’ils forment une très bonne équipe. C’est plutôt rigolo de les voir à l’œuvre, livres à la main, jumelles regardant dans la même direction. On les appellera bientôt les siamois de l’ornithologie diquissienne ! En après-midi, installé à l’ordinateur, je tente patiemment d’installer mon texte sur mon blogue. J’y arrive sans difficulté. Ouf, les photos maintenant. Il faut créer un album et là je me démène pour trouver la marche à suivre. Une chance que la salle d’ordi est équipée de la climatisation. J’aurais tout lâché. Bernard est surpris de ma patience, moi aussi. J’ai enfin trouvé, mais comme le Diquis est à basse vitesse, transférer près de 20 photos, c’est long. Après trois heures de travail, c’est réalisé. Alors, allez voir maintenant. Qu’est-ce que j’écris là, si vous lisez, c’est que vous y êtes déjà, alors n’hésitez pas a poster vos commentaires et si jamais vous aviez une requête comme « Pierre, me posterais-tu telle chose ? » Non, non, pas de photos s.v.p. !

Bon après avoir passé trois heures assis devant l’ordinateur, une bonne petite marche à pied s’impose avant le souper et puis il manque du lait. Je pars donc avec mon sac à dos vers le dépanneur. On me dit qu’il est à un kilomètre. J’affirme que c’est plutôt un mille. Je pars donc vers 17h30. Quand on dit qu’au Costa Rica le soleil se lève à 6h00 et se couche à 18h00 et bien ce n’est pas une minute plus tôt ou plus tard c’est à 18h00 qu’il se couche, croyez-moi. La brunante ne dure que 5 ou 6 minutes. Je suis donc pris pour revenir du dépanneur dans la noirceur totale en ayant comme seuls guides quelques lucioles d’Ojochal sur les bords des rues gravelées et très étroites. Mais, j’ai pu observer le long de mon parcours des engoulevents. C’est un oiseau nocturne qui chasse les insectes d’une bizarre de façon. L’engoulevent se poste par terre dans le chemin sous un lampadaire et attaque les insectes qui osent s’aventurer dans la lumière. Un beau spectacle.  Ce soir, nous prenons le souper au resto du Diquis. Au menu il y a du thon. Vraiment. Renée est excellente cuisinière. Je me suis d’ailleurs engagé à partager avec elle certaines de mes recettes. On finit la soirée et notre bouteille de vin en compagnie de quelques clients dont un qui part demain en moto pour trois semaines ‘exploration à travers le pays. On échange de longues minutes sur nos voyages réciproques en moto. Évidemment, nous relatons notre séjour en France en 2000 alors que nous avions amené avec nous notre moto. Bref, une belle fin de soirée en bonne compagnie. Il est toujours surprenant de constater les belles rencontres que nous pouvons faire loin du Québec. Ici comme la majorité des touristes viennent du Québec, aucune barrière de langue n’handicape nos échanges.  Demain, nous nous levons tôt, car nous avons comme projet de visiter un parc naturel situé près de Dominical. L’Hacienda Baru. Un incontournable nous dit-on.  Alors à demain. 

 

VENDREDI, le 18 janvier

Je commence ce récit quotidien alors que Diane est à lire sur la terrasse et je suis dans la cuisine à l’ordinateur. Nous ressentons un vrombissement soudain. Ma première pensée est qu’une personne marche sur le toit de notre villa. Diane me dit : « C’est un tremblement de terre ». Je réalise que c’est bien ça quand je vois sur la table de la terrasse les verres valser quelque peu. Ça dure 10 secondes et tout s’arrête. Et bien, nous venons de vivre notre premier tremblement de terre au Costa Rica. Bon, revenons à notre journée. D’ailleurs, elle se réchauffe de plus en plus. À partir de 11h00, vaut mieux ne pas être au soleil. Le soleil de l’équateur frappe fort. Après notre habituel déjeuner fruité (papaye, banane, ananas, yogourt et céréale), nous quittons le Diquis, Bernard, Diane et moi accompagnés d’un tout jeune couple du Québec pour visiter la Reserva Natural Hacienda Baru. Les jeunes vont y faire la visite de la canopée (accroché à une corde, vous traversez au moyen d’une poulie des canyons. Pour nous, c’est l’exploration de la forêt tropicale et les oiseaux, du moins tout ce qu’on pourra observer.  Après 6 heures de marche, nous sommes épuisés. Y fait chaud, très chaud. Peu d’oiseaux dans le premier sentier, des jolis dans le second et de beaux animaux dans le troisième comme un paresseux, une colonie de singes masqués et des coatis. La forêt est luxuriante. Des sentiers bien aménagés juste assez pour ne pas en faire des autoroutes forestières. On est vraiment dans la jungle, mais c’est chaud et nous ne sommes pas trop incommodés par les moustiques.  De retour au Diquis vers 17h00, on a tous l’air de touristes déçus. En fait, nous sommes épuisés. Nos hôtes s’inquiètent, mais nous les rassurons. Le Diquis demeure à ce jour l’endroit où il est le plus facile d’observer les oiseaux, et ce, en grand nombre. Mais notre séjour est jeune. Déjà nous planifions une autre sortie pour dimanche pour observer le Quetzal resplendissant, un oiseau magnifique et rare au Costa Rica.  Bon je vous laisse pour préparer le souper. Diane s’est assoupie. Ce soir, le menu se compose de crevettes avec petite salade maison puis sans doute au lit très tôt. Demain, on paresse, c’est assez travailler aussi fort une journée pour quelques oiseaux.  Bonne soirée et bonne nuit.

 

SAMEDI, le 19 janvier

Mon récit sera des plus court aujourd’hui. Je me suis levé ce matin avec un rhume d’homme. Je suis complètement congestionné. Est-ce l’air conditionné ou le changement brusque de température, je ne sais pas, mais ce que je sais c’est que les aspirines et la boîte de kleenex sont mes meilleures amies aujourd’hui. Alors, vous excuserez mon manque de volubilité, je vous reviens plus tard. Dire que je vais manquer mes plongées pour quelques jours…

19h00, le pire est passé. Je vais survivre. Renée s’est transformée en pharmacienne et m’a fourni des sudafed. J’ai encore la tête qui bourdonne, mais les sinus se dégagent lentement. J’ai passé l’après-midi sous les palmiers à lire le 11e chapitre de mon livre. Ça m’a pris une boîte de kleenex pour me moucher et m’essuyer les yeux. C’était le chapitre sur la mort de notre cocotte Isabelle.

Jean Couture qui écrit le livre en collaboration avec Diane et moi a très bien saisi le ton qu’il fallait donner à ce livre. Chapitre après chapitre, on n’a vu que de l’amélioration. Il devrait sortir comme prévu en avril 2008. Demain, j’ai le 4 X 4. On va se promener dans les environs. Visite des chutes au village et chez Jaime ( prononcer ail-y-mé ). Il habite tout près de l’endroit où nous sommes allés à la pêche au tilapia. Nous aimerions visiter prochainement les mangroves situées sur le bord des rivières qui vont à la mer. Une forêt qui pousse dans la zone de balancement des marées et qui abrite des dizaines d’espèces d’oiseaux aquatiques. J’aimerais bien faire avec ce guide émérite une ballade dans la jungle un peu plus sauvage, un peu plus reculée. On dit de lui qu’il est le meilleur coureur des bois du coin. Il descend directement des autochtones qui habitaient ce pays avant la venue des blancs. Évidemment, nous en profiterons pour aller nous baigner dans la chute (mon rhume est presque parti) où un gros caillou est suspendu entre deux rochers, comme si le temps l’avait arrêté là pour témoigner aux hommes de la beauté de la nature. Ah, en passant, les crevettes d’hier soir étaient divines. Au menu ce soir, dorade fraîche accompagnée d’une salade verte et après au lit de bonne heure. On m’a informé qu’on plongeait lundi matin. Alors, faut que je sois en forme pour y aller.  

Bonsoir les amis. Nous vous envoyons beaucoup de chaleur d’ici, qu’elle provienne de l’équateur ou de notre cœur peu importe, nous pensons souvent à vous toutes et tous. Le Québec est toujours présent dans nos pensées.  Bonne nuit.